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 Tornades en France

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Nico 17/69
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MessageSujet: Tornades en France   Sam 14 Oct 2006, 12:55

LES TORNADES EN FRANCE

Résultats et interrogations issus de ma collecte
(arrêté au 31 déc 2007)





Orage et trombe - paru dans "Le temps qu'il fait en Poitou-Charentes-Vendée" (gravure provenant d'une collection privée locale)
Figure également dans le livre "L'Atmosphère" de Camille Flammarion, 1911







INTRODUCTION



Bonjour à tous,

Je me suis décidé à exposer ici-même une synthèse de mes travaux sur les tornades en France, chose que je n'avais encore jamais faite. Elle se présentera comme suit (plan susceptible de modifications ultérieures) :



A) Plan de mon exposé et terminologie


- Introduction (but et nature de mes recherches, les obstacles rencontrés)

- I Petite synthèse des travaux de Jean Dessens et François Paul (les travaux de référence sur lesquels je me suis appuyé)

- II Méthodologie, généralités et cartes pictos

- III Répartition géographique : généralités

- IV Répartition géographique : zoom sur quelques zones (partie I)

- IV Répartition géographique : zoom sur quelques zones (partie II et conclusion)

- V Fréquence et autres données annuelles

- VI Caractéristiques des tornades en France : types d'évènements, intensités, dimensions...

- VII Caractéristiques des tornades en France : répartition annuelle et situations météo-types, répartition journalière, tornades en série

- VIII Sélection de cas parmi les plus représentatifs

- IX Photos et vidéos de tornades, tubas et trombes marines en France

- X La France à l'échelle européenne (quelques interrogations et réflexions)

- XI La France et l'Europe par rapport aux USA

- XII La connaissance des tornades en France : une particularité française ?

- XIII La connaissance des tornades en France : tornades et chasseurs en France (la chasse/observation des orages en France et son implication dans le recensement des tornades)

- XIV Conclusion générale (conclusion, tornades et réchauffement climatique)

- Annexes (nouvelles cartes, projets, informations-rectifications importantes...)



Terminologie

- Trombes et tornades : au XIXème siècle, le seul mot en usage était le mot "trombe", que cette dernière soit terrestre ou marine. C'est ce terme que Jean Dessens emploie systématiquement, en tant que synonyme du mot "tornade", et c'est également dans ce sens-là que je l'emploie moi-même dans le présent dossier. Le mot "tornade", d'origine espagnole puis américaine, est apparu plus tardivement.
Or, beaucoup de passionnés de météo emploient le mot "tornade" comme synonyme exclusif de "trombe terrestre", réservant l'appellation "trombe" aux seuls trombes marines. C'est pourquoi j'ai voulu m'expliquer à ce sujet.

- les cas dits "significatifs" : le terme a été choisi au départ par Jean Dessens pour désigner les cas de tornades classés F2 et +, considérées comme étant suffisamment significatives question dégâts. Pour ma part, j'ai choisi d'étendre la définition à toutes les trombes ayant causé des dégâts nécessitant réparations, cad en gros à partir de la forte F0 (T1 sur l'échelle de Torro). C'est cette définition-là, résultant d'un choix personnel, qu'on va retrouver tout au long de ce dossier.

- Mon échelle de fiabilité (extrait de mon étude charentaise) :

Tornade recensée : événement figurant déjà dans la liste officielle établie par J. Dessens et F. Paul avec classement déjà effectué sur l’échelle de Fujita.

Tornade avérée ou validée : tornade dont mes recherches ont permis d’établir sans aucun doute la spécificité en fonction de plusieurs critères, mais qui n’est pas encore recensée.

Tornade probable : événement pour lequel de nombreux critères font sérieusement pencher pour l’hypothèse « tornade » mais pour laquelle il m’a été impossible d’obtenir un document écrit probant ou un témoignage direct (trombes nocturnes…), ou pour laquelle un détail doit être vérifié…

Tornade possible : cas déjà plus incertain, mais qui par certains détails reste prioritaire pour une enquête (« cas incertain cat B » dans la bdd Excel).

Cas incertain voire très incertain : événement dont la spécificité doit être vérifiée avant de parler de tornade : rareté et caractère trop imprécis des renseignements, qualification de « mini-tornade » par la presse sans qu’aucun détail intéressant ne soit mentionné… Dans ce type d’évènement, on peut aussi trouver des cas très renseignés de microrafales ou fronts de rafales probables.




B) Introduction


Ces recherches ont donc été menées dans le but d'approcher au mieux la réalité de ces phénomènes actuellement dans notre pays.
Mais avant toute chose, je tiens à préciser ceci pour ceux qui ne me connaissent pas, et particulièrement pour les professionnels de la météo ou spécialistes de la question qui seraient amenés à découvrir ces pages : mon travail n'est pas un travail de climatologue ni même celui d'un amateur érudit.
Avec un profil plutôt littéraire et musicien, c'est par simple passion et suite à une expérience personnelle que je me suis lancé dans ces recherches, ayant acquis avec ces dernières une (toute) petite base de connaissances météorologiques et climatologiques indispensables. Ces recherches consistent donc en un collectage des cas récents ou plus anciens en France, dont je m'étais aperçu qu'un très grand nombre n'étaient pas connus au niveau national, et qui m'ont fait peut-être toucher du doigt certaines réalités encore mal connues, et poser bien des questions. En outre, le grand intérêt de ce dossier est qu'il se base sur les données les plus complètes qui existent à ma connaissance à l'échelon national, d'où une information souvent exclusive.
Pour la méthodologie détaillée, voir le début du chapitre II.
Ayant réalisé une bonne partie de ce travail seul, je n'ai pas exploré systématiquement toutes les sources possibles, et bien évidemment je n'ai pas pu me déplacer partout ni me rendre notamment aux archives départementales des différents régions concernées. Je me suis rendu compte à quel point la tâche est extrêmement difficile, difficultés renforcées notamment par le comportement très particulier des acteurs de l'information concernant le phénomène en France (voir le chapitre XII Connaissances des tornades en France). Pour contrer les inévitables lacunes ou imprécisions, j'ai alors été contraint de mettre au point une méthodologie et notamment une échelle de fiabilité-outil de travail à usage codifié qui m'a permis de garantir un minimum de fiabilité dans les informations transmises (voir cartes).
Mes résultats ont donc pour simple ambition de donner une "photographie" approximative de la situation des tornades en France, avec une marge d'erreur possible. En clair, une base de collectage destinée à être reprise et complétée, voire rectifiée par une véritable étude climatologique à venir (laquelle représenterait alors la suite réelle de celles menées par Jean Dessens et François Paul, pionniers en la matière).

Je terminerai enfin en précisant que depuis quelques mois, un deuxième essor semble avoir été pris : en effet, depuis la fin 2006 une grande synergie d’initiatives s’est faite jour, aboutissant à la création en 2007 de l’Observatoire des Tornades et des Orages en France, avec le site Kéraunos intégrant ma base de données ( http://www.keraunos.org/ ). Une première en France, qui aligne ainsi notre pays sur ce qui se fait déjà en Allemagne, Espagne et Italie. Plusieurs passionnés et professionnels commencent à se pencher sur la question et un réseau d’observateurs est en train de se mettre en place sur la France entière pour s’occuper de la veille sur les journaux ainsi que des enquêtes de terrain.
Le forum de Kéraunos est à votre disposition si vous voulez rapporter un cas, un témoignage ou une information, ou simplement parce que le sujet vous intéresse : http://keraunos.forumpro.fr/ . Obéron (qui s'implique lui aussi activement) met également à la disposition des témoins ou rapporteurs de cas de tornades son forum spécialement aménagé dans ce but : http://www.chasefever.com/forum.html , forum qui peut également recueillir articles de journaux, témoignages.. propres à chaque cas. Une base de données est également prévue sur Chasefever.
Parmi les passionnés, plusieurs ont déja entamé des recherches personnelles et constitué des bases de données. Certains se sont joints à moi dont Chris68 dont l'aide m'est devenue précieuse notamment par ses travaux de traitement de l'information, et ici-même les membres de SCA, dont Remy, Alain et Enzo à l'origine de recherches locales sur les cas de Haute Garonne et autres dossiers, avec l'aide inestimable de... Jean Dessens. Remy qui est d'ailleurs aussi à l'origine de passionnantes recherches à l'échelle européenne et de découvertes parfois stupéfiantes.
A noter également que nos cartes doivent figurer dans le prochain ouvrage de Guillaume Séchet sur le risque météo en France (je reparlerai très certainement de cette dernière participation quand l'ouvrage sera sorti).

Et bien sûr le collectage continue désormais en temps réel au fur et à mesure des nouveaux cas. A plusieurs, bien des choses deviennent possibles désormais et nous ne sommes certainement qu'au tout début de l'aventure...
Considérons donc le contenu qui va suivre comme une simple étape perfectible. Wink

Ce dossier est actualisé au 31 décembre 2007. Pour des données, cartes ou statistiques à jour, vous reporter sur http://www.keraunos.org/ dont le contenu est régulièrement actualisé.


Dernière édition par Nico 17/69 le Mer 05 Mar 2008, 11:35, édité 80 fois
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Nico 17/69
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MessageSujet: Re: Tornades en France   Mar 17 Oct 2006, 19:28

I PETITE SYNTHESE DES TRAVAUX DE JEAN DESSENS ET FRANCOIS PAUL




Je ne peux démarrer le compte-rendu de mes recherches sur les tornades en France sans d'abord évoquer le travail de pionnier effectué en la matière par Jean Dessens, poursuivi ensuite par François Paul. Une première base de données des tornades en France a été réalisée en 1984 par Jean Dessens pour le Commissariat à l’Etude et à la Prévention des Risques Naturels Majeurs. Elle remonte jusqu'à 1680. François Paul a ensuite pris le relais en 1993 pour compléter cet inventaire, qui en 2001 comprenait déjà 350 évènements.
Il faut savoir que l'énorme majorité des écrits ou pages Web concernant les tornades en France sont basés sur ces sources, première référence connue en la matière. Bien qu'à présent cette source soit dépassée au seul point de vue du collectage (les cas s'étant accumulés depuis), en revanche elle demeure toujours LA référence majeure en matière de climatologie.
Dans ce domaine précis, le collectage de données s'est accompagné d'une étude approfondie du phénomène : leur localisation dans l'hexagone en fonction des cas récoltés (le seul domaine où mon collectage a révélé quelques nouveautés, et encore...), leur intensité, leurs différents paramètres physiques (largeur, longueur, durée, caractéristiques particulières des dégâts...), leur répartition mensuelle et diurne... et bien sûr l'étude des situations météo synoptiques-types qu'on a pu relier à leur apparition, en été comme en hiver. En outre, des cas significatifs et des épisodes tornadiques historiques ont été étudiés, incluant là encore l'analyse des situations météo qui leur ont donné naissance.

Plutôt que de vous livrer une redite de son contenu je préfère vous renvoyer directement au site de François Paul. : http://perso.orange.fr/climat-energie-environnement/Climat/TROMBES.HTM (à noter que le site contient également un appel à témoignage).
Jean Dessens et John T Snow ont synthétisé leurs travaux sur cette page qui est devenue une référence en la matière :
http://metamiga.free.fr/tornade_france/page1.htm


La carte de Jean Dessens en 1990 (107 tornades F2 et +) et celle de François Paul en 99 rendent compte des grandes régions les plus touchées en France (couloir du Nord Ouest, NPDC, littoral languedocien).


Carte 1 : carte de Jean Dessens (1990) concernant les tornades significatives F2 et +





Carte 2 : carte de François Paul en 1999 (toutes intensités) :




Je m'en tiendrai là concernant ce remarquable travail, en espérant l'avoir résumé au mieux.



*******************


Dernière édition par le Lun 18 Fév 2008, 14:42, édité 29 fois
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Nico 17/69
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MessageSujet: Re: Tornades en France   Mer 18 Oct 2006, 20:03

II METHODOLOGIE, GENERALITES ET CARTE PICTOS




Je vous présente donc maintenant les résultats de ma collecte menée depuis le 23 novembre 2005.



A) méthodologie


1) reprise de tous les évènements recensés listés sur les sites de François Paul et de Jean Dessens. A noter que tous ne sont pas listés ainsi. La liste de Jean Dessens s'arrête à 1987 et ne recense qu'à partir de l'intensité F2, celle de François Paul sur son site commence à 99. Entre les deux, sauf information que je ne possèderais pas, de nombreux cas ne figurent que par des pictos sur la carte n° 2 (v. chapitre précédent). Mes propres investigations ainsi que celles de Kéraunos nous ont régulièrement donné l'occasion de mettre un nom sur l'un de ces "cas fantômes".

2 ) Collecte de tous les témoignages possibles sur les forums et les sites météo avec contact éventuel des posteurs. Scan systématique de tous les témoignages et rapports jusqu'à la plus petite allusion sur de nombreux forums (Lamétéo.org, Infoclimat, le Fryzeur, etc.). + examen des dossiers et anecdotes figurant sur les sites.

3) Epluchage sur 6 ans des archives de journaux en ligne afin de compléter la collecte tout en asssurant une meilleure égalisation possible du niveau d'étude de chaque région. Faits à ce jour : Sud Ouest, Ouest France, La Dépêche du Midi, Paris Normandie, La Voix du Nord, La Nouvelle République (Poitou-Touraine), Le Bien Public (Bourgogne) et Le Progrès (Rhône-Alpes). V. la carte n° 5.

4) Enfin, suite à la diffusion de mes résultats, j'ai pu bénéficier de l'aide précieuse de certains contributeurs comme Pierre Paul Feyte pour le Gers ou Treizevents pour la Nièvre... Sans parler de tous ceux qui se sont désormais joints à moi. Merci à tous. Wink

5) Base de données : au fur et à mesure que tombaient les différentes informations, je me suis ensuite constitué une base de données sur un tableau Excel, qui comprend chacune des caractéristiques de mes cas (date, durée, longueur, largeur, intensité, type de terrain, existence de photo ou non, commentaires divers...). Cette base en cours de remaniement n'est pas disponible en ligne en tant que telle, mais elle est à présent progressivement transférée sur le site de Kéraunos, où elle se remplit désormais au fil des nouveaux cas qui nous tombent sous la main.
D'ailleurs n'hésitez surtout pas à reporter vos témoignages sur le site ou le forum de Kéraunos http://www.keraunos.org/ / http://keraunos.forumpro.fr/ , ainsi que sur le forum de Chasefever http://www.chasefever.com/forum.html .

6) Enfin j'ai tenté quelques statistiques, notamment pour la zone charentaise que j'avais déjà étudiée auparavant et qui bénéficie d'un recul chronologique suffisant. Voir le chapitre "Répartition géographique : zoom sur quelques zones".


Petites précisions utiles concernant la collecte des témoignages :
Les concernant on peut donc voir que j'ai pris une position un peu différente de celle des recenseurs officiels.
Il est notable qu'au départ j'ai commencé ces recherches dans le but d'approcher au mieux la réalité des tornades en France en évitant le plus possible le piège de la sous-information. Pour cela, j'ai donc choisi d'intégrer non seulement les cas relatés dans les quotidiens ou les productions scientifiques, mais aussi les simples témoignages sur les forums ou reçus directement, lesquels ajoutés au reste peuvent nous faire approcher davantage cette réalité.
Ce qui m'amène de fait à accepter les témoignages même sans articles de journaux. En l'absence de toute garantie ou caution scientifique, tout dépend alors des détails donnés et de la fiabilité de la personne.
Supposons un témoignage reçu en mp ou vu sur un forum, dans lequel il y aurait des détails caractéristiques tout à fait probants :
1) Quand je n'ai qu'un seul témoignage indirect venant d'un inconnu, il va être classé en "tornade possible", ce qui le fait figurer en orange sur les cartes annuelles et les cartes-pictos, sans être inclus dans les statistiques. Le but étant d'écarter les canulars des statistiques sans pour autant perdre une information exploitable.
2) Si le témoignage est indirect mais fiable, ou si j'ai un croisement de témoignages différents, alors je vais classer en Probable (==> "quasi sûr").
3) Si le témoignage est direct et le témoin sûr, alors je peux valider.

Sachant que les cas probables et validés figurent en rouge sur les cartes et sont inclus dans les statistiques (beaucoup moins de risque d'erreurs dans ce sens-là que dans l'autre).



B) La carte-pictos


1) Généralités sur la répartition géographique

Etablies par mes soins, ces cartes sont plus étoffées bien sûr que les cartes initiales de François Paul et Jean Dessens, car les cas récents nous arrivent de plus en plus nombreux. Déjà F Paul le constatait sur son site, et on ne peut que le constater encore et toujours. Les grands responsables : les journaux, Internet, les apn et surtout les téléphones portables. En effet ces derniers, portés en permanence avec des possibilités de photographie instantanée, ont considérablement modifié nos comportements ces dernières années dans bien des domaines. On photographie ou on filme pour un oui ou pour un non, pour ensuite injecter cet instantané sur le net. Ces nouveaux comportements ont donc largement contribué à l'augmentation massive du nombre de cas rapportés.

Les principales constatations que l'on puisse faire avec ces cartes concernent la répartition des cas. Je reviendrai plus en détails là-dessus (ainsi que sur d'autres paramètres) et me contente ici de quelques généralités :

En gros, les mêmes zones mises en évidence par JD et FP ressortent à nouveau : "écharpe" du Nord Ouest qui va des Charentes au NPDC, Languedoc Roussillon, Jura pour les zones les plus touchées. Les zones les moins touchées correspondent grosso modo aux zones montagneuses ou au moins à fort relief.
Cependant, on voit affleurer des différences :
- A une échelle plus locale ressortent 4 zones de concentration particulière (du nord au sud : région de Lille/arrière pays lillois, région parisienne, Charente maritime, Aude-Hérault) sur lesquelles je reviendrai.
- Le couloir NW semble se rétrécir notablement, en se centrant sur une ligne Charente Maritime, Deux Sèvres, Vienne, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Eure-et-Loir, région parisienne...
- Certaines lignes se prolongent et semblent en rejoindre d'autres : la ligne du Jura se prolongerait jusqu'à l'extrême sud de la Loire via le Rhône, celle du littoral audois semble rejoindre le nord du 31 via la vallée de l'Aude...


2) Les différentes catégories de cas

Voilà une liste des types d'évènements que j'ai pu distinguer :
1) les tornades terrestres fortes (T1 et +), dites "significatives"
2) les petites tornades F0 (T0) dont une grande partie passe inaperçue et ne peut donc être qu'estimée
3) les trombes marines
4) les tubas, et parmi eux les "tubas-tornades" dont on ne sait pas trop s'ils ont touché le sol ou non

Concernant les tornades terrestres, je précise tout de suite que mes résultats concernent en quasi totalité la première catégorie et un peu la seconde. Du coup mes statistiques exposées dans les chapitres suivants peuvent différer de chiffres déjà connus en provenance d'autres sources, ces derniers incluant la totalité des cas estimés. Moi-même j'évoquerai aussi de temps à autre ces chiffres de la totalité des cas estimés, évidemment beaucoup plus importants que ceux des seuls cas de la catégorie 1, dits "significatifs" (voir chapitre Fréquence et autres données annuelles). Il faut savoir que les journaux nous rapportent essentiellement les cas de la première catégorie, tandis que les quelques rares représentantes de la catégorie 2 (les petites F0 sans dégâts ou dégâts très légers) peuvent nous être rapportées par les témoignages locaux et les photographes occasionnels.
Pour certaines régions comme le littoral PACA ou la Corse, les trombes marines sont également bien représentées. A noter que les catégories 2, 3 et 4 deviennent de plus en plus visibles grâce aux chasseurs et photographes, et on commence à trouver des tubas-petites trombes à partir des années 2000.

Deux remarques pour terminer :
- Si la carte-pictos ci-dessous ne comprend que les tornades sûres/quasi sûres et les trombes marines, la totalité des évènements figurent en revanche dans les cartes annuelles des dernières années, y compris tubas et cas incertains (v. chapitres suivants).
- Une carte-pictos depuis 1999 a été produite plus récemment. Elle figure dans l'avenant au présent dossier http://superstorm.forumactif.com/dossiers-et-etudes-f13/tornades-en-france-t433-15.htm#2505



Carte 3 : Carte de la totalité des cas (actualisée au 31 décembre 2007)
(rouge : cas recensés, validés et probables ; orange : cas possibles ; blanc : cas avérés mais non localisés précisément dans le dpt ; bleu : trombes marines ; picto allongé et traversé d'une barre (toute couleur) : épisode d'au moins 3 cas)




Dernière édition par Nico 17/69 le Mer 05 Mar 2008, 11:37, édité 81 fois
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Nico 17/69
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MessageSujet: Re: Tornades en France   Jeu 19 Oct 2006, 15:27

III REPARTITION GEOGRAPHIQUE : GENERALITES






A) Zones localisées ou non ?


Comme dit plus haut, on retrouve donc sur mes cartes les mêmes grandes zones à risques que celles déjà mises en évidence par Jean Dessens. En cela, rien de neuf sous le soleil à l'échelon national, si ce n'est un nombre de cas évidemment plus important.
Par contre dans ces larges zones, on distingue des zones à densité plus forte, dont 4 zones qui ressortent tout particulièrement et sur lesquelles je reviendrai plus en détails dans le post suivant. Il est évident qu'ici, on doit prendre en compte toutes sortes de critères et pas seulement climatologiques (densité de population, médiatisation, degré d'étude des régions...).

Je reste grosso modo dans un faisceau d'hypothèses entre ces deux questions :
1) les zones de concentration- "taches" rouges sur la carte se seraient-elles révélées beaucoup plus étendues si toutes les régions avaient été étudiées exactement de la même manière (notamment pour le couloir du NW) ?
2) Ou alors existe-t-il réellement des zones très localisées (à l'échelle du dpt voire moins) qui laisseraient alors supposer l'existence de facteurs locaux exacerbant les tendances climatiques générales ?

Précisons ceci au passage : c'est en découvrant mes stupéfiantes statistiques charentaises que j'ai petit à petit pris conscience des énormes lacunes du recensement français. La volonté de voir ce qu'il en était dans les autres régions m'a alors poussé à réaliser cette présente étude sur la France, dont je m'attendais à ce qu'elle me donne partout ou presque les mêmes résultats que sur les Charentes. Or, ce collectage national m'a en réalité donné des résultats mitigés : à la fois confirmation à l'échelle nationale des grandes répartitions déjà observées par Jean Dessens, et en même temps confirmation de l'existence de zones de forte densité à plus petite échelle.
Le caractère quasi exhaustif de la période récente, surtout depuis notre collectage systématique, réduit énormément la part de sous-médiatisation dans les causes possibles, laissant davantage de place à de véritables hypothèses climatologiques, ou tout au moins géographiques. Suppositions qui se sont trouvées renforcées par les hypothèses de David Escarguel sur Infoclimat à propos du Languedoc Roussillon, puis celles de Sam49 à propos de la Charente Maritime et du Centre Ouest.
Enfin, on remarquera que la France est un pays très particulier par sa géographie "éclatée" avec une grande variété de paysages qu'ailleurs on retrouve surtout dans les très grands Etats : USA, Russie, Chine... Caractéristique qui a fait notre réputation sur la planète entière. Il nous est souvent difficile d'y parcourir plus de 150 km sans changer de contexte, parfois de manière radicale. Or, justement quand on sait à quel point la climatologie des orages et des tornades dépend de facteurs géographiques locaux, ceci pourrait bien expliquer cela. La climatologie des tornades en France ne pourrait donc se passer de l'étude à l'échelon régional voir plus locale encore, à la fois des régions les plus touchées et également de celles qui semblent bénéficier d'un bouclier local.
La présence de ces dernières explique d'ailleurs que la France soit moins touchée en général par les tornades que d'autres pays d'Europe... ( v. dernier chapitre).

Au fil de mes "réflexions" et constatations, je me permets de supposer ce qui suit.



B) Les échelles de facteurs


3 échelles de facteurs pourraient déterminer le taux d'occurrence des tornades dans les zones françaises (et probablement européennes) :

1) le climat général européen avec tout ce qu'il peut avoir de spécifique. Notre situation en zone tempérée détermine déjà un plancher puisqu'à l'échelle du globe nous sommes situés dans les zones touchées entre le 60ème parallèle et les Tropiques. Et notre situation en Europe de l'Ouest détermine un certain plafond qui nous différencie en cela des USA (peut-être pas tant que ça d'ailleurs, comme on va le voir plus bas). Par la suite, différents freins et leviers à la formation des tornades vont générer les différences locales.

2) Le relief et la géologie (nature du sol) : Le rôlé joué par le relief est évident. Suffit de regarder les cartes pour s'en convaincre à l'échelon national, et à l'échelon local, on retrouve encore ce facteur : coup d'arrêt net sur l'Est de la Charente (zone où le relief commence à se creuser très nettement), concentration dans les zones de plaine du nord de la Haute Garonne... De même l'extrême localisation sur le littoral de l'Aude-Hérault semble due à la présence du relief de l'arrière-pays, sans lequel la zone languedocienne serait probablement beaucoup plus vaste.
Quant à la géologie, Remy et moi avons constaté que la nature calcaire des sols pouvait jouer un rôle. Les sols calcaires ont en effet un pouvoir d'échauffement du sol, qui rend ce dernier propre à provoquer des phénomènes tourbillonnaires et "répondre à la sollicitation d'un tuba" en créant le buisson au sol qui ira le rejoindre en formant une tornade... Entre autres, j'ai constaté sur une carte sommaire des zones calcaires en France, que les zones concernées étaient presque les mêmes que celles mises en évidence par J Dessens pour la fréquence des tornades.
Je vais même aller plus loin encore dans mes suppositions (propos évidemment susceptibles d'être vérifiés ou corrigés) : les sols calcaires concernant en effet l'écharpe NW, ils détermineraient donc dans ces régions la "réponse" du sol aux sollicitations météorologiques, ce qui supposerait une tendance plus grande à nous fabriquer du tourbillon quand il y a de l'orage. Resterait alors à étudier la nature géologique des sols du classique couloir d'orages SO/NE situé plus au sud, mais si cette nature n'est pas favorable à l'échauffement et à la création de phénomènes tourbillonnaires, ceci pourrait alors expliquer le faible nombre de tornades relevés dans ces régions malgré le nombre important d'orages, et ce même dans les zones de plaines (Aquitaine...)... (?)

3) Enfin des conditions climatiques locales pourraient éventuellement expliquer la fréquence toute particulière des cas dans les zones locales les plus touchées, notamment des conflits de masses d'air "maison". Ainsi le Languedoc se caractérise-t-il par un courant d’air froid de NW qui s’assèche en passant par la Montagne Noire et les Cévennes "puis parallèlement peut s’établir un flux chaud et humide en provenance du SE due à la mer." (extrait du dossier de David Escarguel sur Infoclimat). La zone charentaise quant à elle pourrait être le théâtre de conflits entre l'air surchauffé des plaines calcaires du Nord et l'air plus frais de l'océan et des marais. Pour le NPDC, je n'ai malheureusement pas d'informations de ce type...
Par ailleurs on remarquera que dans les grandes régions à risques, les zones locales les plus touchées (région parisienne exclue) sont aussi les plus proches de la mer...



C) Quelques questionnements et réflexions


- J'ai l'impression que pour chaque région, plus on a de cas déjà recensés, plus on a de chances d'en découvrir d'autres. Par ex, pour les régions les moins exposées comme les zones montagneuses (1 ou 2 cas, voire rien du tout), il est fort possible qu'on ne découvre rien d'autre, et ce d'autant plus que les quelques rares cas potentiels s'en retrouvent d'autant plus médiatisés. Alors que pour les régions où un grand nombre de cas ont été relevés, on en découvre d'autant plus. Le rapport pourrait même être davantage exponentiel que simplement proportionnel. C'est ce qui me pousse à m'intéresser en priorité aux dpts déjà bien "pourvus". Il est évident que des causes topographiques sont à l'origine de ce constat, mais peut-être pas seulement.
Tout ceci étant bien sûr à relativiser à la lumière d'autres critères entrant en ligne de compte, comme la médiatisation inégale des régions, ou l'importance de leur population/urbanisation...

- Je me demande parfois comment prendre en compte ces périodes de "chauffe" avec plusieurs tornades sur quelques années, voire une seule année, qu'on a pu constater sur plusieurs régions (?) : Morbihan (2 tornades en 2004), Ile et Vilaine (2 tornades en 2005), Rhône-Alpes (3 tornades en 2006)... Ces épisodes chauds semblent pouvoir survenir n'importe où, y compris dans les régions moyennement exposées (Rhône Alpes), et on les constate sur différentes époques. Mauvaise farce du hasard, loi des séries... ou alors causes liées à des fluctuations du climat français voire mondial (on m'a parlé de la NAO...) ? L'existence de précédents anciens m'incitent à pencher pour ce genre de causes. ATTENTION, ici il s'agit des tornades liées à des orages distincts, le plus souvent à 1 mois d'intervalle minimum. Je ne parle pas des épisodes orageux exceptionnels qui ont pu donner naissance à plusieurs tornades le même jour ou à quelques jours d'intervalle.
Les Charentes malgré leur taux de fréquence déjà élevé ont eu elles aussi des années chaudes. Ainsi 1997 (4 tornades), 1999 (3 cas dont 1 trombe marine, voire 4 cas pour la seule Charente Maritime), 2005 (3 cas)...
Il semble que le contraste soit moins grand pour les régions les plus propices (augmentation moins importante du nombre des cas) que pour les régions les plus protégées. Ce qui laisse supposer l'existence d'un plafond vraisemblablement du aux limites du climat français en général.

- Zones montagneuses : petites réflexions à propos de l'intensité des cas survenus en zones peu propices. Quand on imagine les zones non propices aux tornades, on pourrait en effet les imaginer frappées uniquement par des F0 de temps en temps. Or les quelques rares tornades qui les frappent sont très souvent, pour pas dire tout le temps, de très grosses tornades (F3 voire F4), avec des dimensions et des trajets parfois record (plus d'1 km de large et près de 60 km de trajet pour la tornade de St Claude née dans le Jura). On peut donc supposer que le potentiel climatique d'apparition de tornades serait le même pour tous, mais que le relief et(ou) d'autres causes non climatiques font barrage dans ces régions-là, ne laissant passer que les tornades les plus solides (celles qui ne se casseront pas les dents sur le relief), et les tubas (qui ne touchent pas le sol). Impression qui semble confirmée non seulement par les très puissantes tornades enregistrées dans des zones où elles sont rares, mais aussi par le nombre de tubas observés dans ce même genre de zones (Cantal...) ces deux dernières années.
Concernant les zones montagneuses, je vous rapporte également cette information intéressante de Remy : "[..] c'est que les montagnes accentuent les phénomènes orographiques et peuvent engendrer des cisaillement de vent à des étages totalement différents de l'orage, donnant des ingrédients en plus pour la formation de la tornade." (Remy)

- Enfin, d'une manière générale, le nombre de tornades augmente considérablement à partir des années 2000. Comme par hasard à partir du moment où le net météo a commencé à se développer. Sauf facteur climatique particulier (contredit par le même taux de fréquence présenté par les Charentes sur 14 ans d'archives, mais à ne pas négliger pour autant), je pense que ces récentes années beaucoup mieux médiatisées sont vraisemblablement les plus représentatives de la fréquence réelle des tornades dans chaque région.
C'est d'ailleurs pour cette dernière raison que je les ai choisies comme période de référence pour tenter d'établir un taux de fréquence moyen dpt par dpt.
Voir dernier chapitre : Conclusion, tornades et réchauffement climatique.



D) Mes cartes par départements


Précisons tout de suite que ce découpage par départements reste bien sûr artificiel. En réalité je cherche à vérifier mon hypothèse de zones locales de concentration de cas, avec de probables points communs géologiques ou climatiques indépendants des frontières administratives. Et en cela, mon but serait déjà en priorité d'en déterminer les contours précis. Le choix des départements résultant en fait de l'échelle supposée de ces zones dont je pense qu'elles se situent effectivement davantage à l'échelon des départements qu'à celui des Régions par ex. Une carte par Région ne rendrait pas compte de la réalité plus locale.
Enfin, je souligne la faiblesse de cette carte, commune à toutes les cartes de la totalité des cas qui ont pu être éditées pour un pays : les inévitables lacunes du recensement des cas du passé, et en particulier des époques les plus anciennes. Il est donc évident que cette carte reste uniquement un document informatif (tel dpt, tel nombre de cas), rien de plus. On ne saurait bien sûr l'utiliser pour étayer des études climatologiques ou des statistiques.
Ce sont ces lacunes que j'ai cherché ensuite à compenser avec la carte suivante.



Carte 4 : Nombre total de tornades recensées, validées et probables répertoriées par département (actualisée au 31 décembre 2007)





La deuxième carte ci-dessous résulte de l'exploration systématique des journaux en ligne sur le même nombre d'années d'archives, effectuée dans le but de "lisser" au maximum le degré d'étude des régions de France, et compenser ainsi les lacunes de la première carte en offrant une vision plus juste de la réalité. La chose a été réussie notamment pour une grosse portion NW, le midi, la Bourgogne, le Sud Ouest et la région Rhône-Alpes, un hasard heureux ayant inclus parmi elles toutes les zones à risques identifiées par JD. J'ai ensuite complété la carte avec le résultat de mes recherches sur les autres départements (marqués d'une croix pour plus de clarté).
Qu'en est-il donc alors ?
Et bien si on compare avec la carte précédente, les résultats font ressortir en gros les mêmes régions plus fortement touchées, non seulement à l'échelle nationale (couloir NW) mais aussi à l'échelle locale, ce qui aurait tendance à confirmer l'existence des zones locales de concentration. La région parisienne s'y fait en revanche plus discrète, trahissant ainsi sa légendaire sur-visibilité.
Par contre, la surprise vient de quelques autres départements qui, eux, s'y distinguent (Nièvre, Gironde, Loir et Cher, Ile et Vilaine...). Fréquence réelle ou épisode momentané ? La période de référence est trop courte pour s'en faire une idée. A voir donc sur la durée au fil des années qui vont suivre. En outre l'ensemble du Poitou Charentes, la Vendée et surtout la Gironde semblent prolonger de manière dégressive la zone charentaise. A voir là encore sur la durée ou avec l'exploration des archives de ces départements.
Bien sûr, il faut noter que cette carte a ses limites : d'une part comme dit plus haut, je n'ai pas pu étudier toutes les régions, et d'autre part deux d'entre elles ne l'ont été que partiellement : NPDC (2 ans seulement) et région parisienne, faiblesses heureusement largement compensées par les études approfondies qui leur ont déjà été consacrées.
Pour plus de détails sur certaines zones, voir post suivant.
Comme les précédentes et comme les suivantes, cette carte est arrêtée au 31 décembre 2007.


Carte 5 : Nombre total de tornades recensées, validées et probables répertoriées par département de 2001 à 2007 (actualisée au 31 décembre 2007)



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MessageSujet: Re: Tornades en France   Ven 20 Oct 2006, 11:47

IV REPARTITION GEOGRAPHIQUE : ZOOM SUR QUELQUES ZONES
(partie I)




Ce chapitre a pour but de détailler et expliquer les différentes conditions d'étude et les réflexions qu'ont pu m'inspirer certaines zones très localisées, afin d'éclairer au mieux les écrits précédents :



E) La zone charentaise (17, 16 moitié ouest, 79/85 extrême sud)


Voir mon dossier : http://www.keraunos.org/recherche-etude-charentaise-baluteau.pdf Voir également http://www.lpcweather.com/tornades_char.php (à venir) .
C'est donc pour l'instant la seule zone dont je puisse parler en tant que telle, une zone qui concentre actuellement le plus grand nombre de cas en France aux 10 000 km2. Centrée essentiellement sur la Charente Maritime, elle déborde sur l'extrême sud Vendée et Deux Sèvres, ainsi que l'Ouest de la Charente. La carte depuis 2001 laisse également supposer un prolongement dégressif de cette zone sensible dans tout le Poitou Charentes, la Vendée et surtout la Gironde. Sur cette zone charentaise, mon recensement a révélé plusieurs couloirs de tornades, dont le plus long et le plus dense traverse le nord du 17 de l'île de Ré-La Rochelle jusqu'à Haimps et Aulnay (16 cas recensés sur cette ligne d'environ 80 km, dont 5 ou 6 cas rien que sur La Rochelle intramuros). On retrouve d'ailleurs ce même couloir sur la carte des cas depuis 99, à une échelle temporelle pourtant beaucoup plus réduite (voir le lien plus bas). Mes cartes montrent également un deuxième couloir partant de l'extrême nord du 17 pour rejoindre Niort dans le 79, et un 3ème couloir semble se dessiner dans le sud de la Charente Maritime (St George de Didonne - Archiac). Enfin un dernier couloir plus "relâché", partant des Vals de Saintonge et traversant dans le sens SW/NE le sud des Deux Sèvres et la Vienne, semble constituer l'amorce à l'échelle régionale du fameux couloir NW français déjà mis en évidence par Jean Dessens. Voir carte régionale et carte des cas depuis 99 dans les annexes, en 2ème page du topic http://superstorm.forumactif.com/dossiers-et-etudes-f13/tornades-en-france-t433-15.htm (ouvrir dans une nouvelle fenêtre, idem pour tous les autres liens)

Les causes possibles d'une aussi grande fréquence du phénomène dans le 17 et la zone charentaise ont bien sûr été envisagées. Les énormes lacunes du recensement dans la région notamment au XXème siècle, ainsi que son niveau d'étude sur les années récentes simplement équivalent à celui de bien d'autres régions étudiées, éliminent l'hypothèse de la surmédiatisation et orientent vers de réelles pistes climatologiques. Lesquelles pistes climatologiques ont justement commencé à se dégager dans un débroussaillage inauguré sur la région par Sam49. En voici les grandes lignes :

- Facteur climatique à grande échelle, le positionnement géographique de la Charente Maritime favoriserait les cisaillements directionnels et les affrontements verticaux entre masses d'air chaudes/humides venues du SW et masses d'air froides/sèches venues du NE. Ces facteurs sont reconnus pour être la principale cause des tornades aux USA, que l’on retrouverait donc ici en version plus « light ». A noter que tous les départements qui semblent constituer une zone plus grande autour des Charentes (Poitou, Deux Sèvres, Vendée, Gironde) pourraient correspondre à l’influence dégressive de ce facteur climatique… ( ?)
- A ce facteur climatique à grande échelle viendraient ensuite, toujours en Charente Maritime, se rajouter des facteurs climatiques locaux. Ainsi d'après Marc Rauch (m17aunis) les fréquents conflits entre l'air surchauffé des plaines céréalières très calcaires du NE du 17 et l'air frais et humide en provenance des marais pourraient avoir pour effet de créer un micro climat propice aux orages violents. Reste à savoir si ce microclimat crée des orages là où on ne les attend pas ou se contente de renforcer une tendance orageuse déjà existante et prévue par les météorologues à l’échelon national. A ce propos, il faut rappeler que les Charentes ne figurent pas parmi les zones les plus orageuses de France et que c'est la proportion d'orages violents qui s'y révèle non négligeable (remarque valable également pour le NPDC).
- A cela viennent encore se rajouter des facteurs géologiques locaux, liés à cette même présence dans le 17 de zones calcaires à fort pouvoir d'albedo, ce dernier renforcé par le taux d'ensoleillement important. Ces facteurs induiraient une réactivité du sol laquelle favoriserait la transformation des tubas en tornades au sol (on remarque d'ailleurs que les dustdevils sont très fréquents dans la région).
- Enfin à tout cela s'ajoute un relief quasi inexistant dans une grande portion Ouest de la zone (le 17 est un des dpts les plus plats de France), ce qui évidemment déroule le tapis rouge pour nos tourbillons.
La région possèderait donc un réel faisceau de facteurs qui pourrait expliquer le grand nombre de tornades relevées. Ce ne sont bien sûr que des hypothèses mais je pense quand même que cette zone charentaise, à la fois exposée et très mal connue, mériterait que les scientifiques se penchent davantage dessus pour justement faire la lumière sur tout ça.
Enfin dernière remarque : il n’existe pas à proprement parler de « saison des tornades » en Charentes, région où tous les mois de l’année sont en effet représentés, avec une respectable proportion de tornades hivernales et automnales. En hiver, les tornades surviennent très souvent dans un contexte de ciel de traîne suite à une tempête ou gros coup de vent, où serait impliqué à chaque fois un jet puissant. A noter que cette forte présence des tornades hivernales contribue évidemment à augmenter leur nombre total.
- Taux de fréquence sur les 14 dernières années (depuis 1994) :
23 cas sur 14 ans = 1 cas tous les 7,3 mois en moyenne. La zone étant délimitée indépendamment des limites administratives, je n'ai pas pu calculer le taux aux 10 000 km/2, mais la surface de la zone concernée doit les avoisiner. On peut donc supposer un taux aux 10 000 km2 d'environ 1 cas tous les 7-8 mois.




F) Le Nord et le Pas de Calais (59 et 62)


Comme dit précédemment, je n'ai pu étudier cette région que sur 2 ans d'archives en ligne (merci La voix du Nord... Et l'Eclair qui n'a pas d'archives en ligne ! ). Ceci aurait pu être d'autant plus dommageable que la région est déjà connue des recenseurs pour être une des plus touchées de France.
Heureusement, cette région a été très étudiée par les recenseurs officiels (François Paul réside en Pas de Calais). En rajoutant aux cas déjà recensés par JD et FP les cas récoltés sur la LVDN + les divers dossiers et rapports sur les forums, j'ai pu constituer une liste de cas que j'ai ensuite fait valider par le président de l'Association Météorologique du NPDC. Ce dernier a en effet étudié les archives de sa région et s'intéresse tout particulièrement à ce sujet avec l'Observatoire des Tornades et des Orages violents en France. Grâce à ses retours d'information, je peux être sûr d'être en possession de la quasi totalité des cas marquants ou destructeurs connus sur cette région pour les décennies les plus récentes.
Par contre je n'ai malheureusement que peu d'information sur les éventuels facteurs climatologiques/géographiques locaux si ce n'est, bien sûr, le paysage de plaine uniforme qui caractérise l'extrême nord et notamment la région lilloise. A noter que le nord-ouest de la région est davantage exposé en hiver et l'intérieur du Nord l'été (d'Arras à Lille et Valenciennes). Etant donné le taux de fréquence des tornades très proche de celui des couloirs charentais, et vu certaines similitudes (relief plat, littoral marin, orages d'hiver...) du NPDC avec le pays du pineau, on peut alors supposer d'éventuelles similitudes climatiques ou géologiques entre les deux régions... ?
Une chose cependant plaide à l'inverse pour une spécificité nordiste : je pense en effet que cette zone (la plus étendue parmi celles que j'ai relevées en France) constitue en réalité le prolongement d'une zone encore bien plus étendue qui s'étendrait sur la Belgique voire sur toute une bonne moitié nord de l'Allemagne, qui présente peu ou prou le même type de paysage.
Dans sa thèse de Doctorat "Etude des vortex de type tornade à partir de modèles de laboratoire" publiée en 1969, Jean Dessens évoque la région et notamment ses couloirs de tornades mis en évidence par le recensement : "La région parisienne et le nord de la France sont particulièrement propices à la formation des tornades. Toutefois, cette remarque est peut-être faussée par le fait que ces régions sont les plus peuplées. Et donc que les observations de tornades risquent d'y être relativement plus nombreuses. Dans les départements du NPDC, il existe de véritables couloirs de tornades. Couloir Erviller-Palluel (Villers-Lès, dévastée en 1922, 1935 et 1967 ; Rumaucourt et Ecourt St Quentin en 1950 et 1967). Couloir Busigny Fontaine au Bois (1905 et 1967). Couloir Effry - Wamy (10 juillet 1962, 12 avril 1965)." A noter : tout comme pour la zone charentaise, même si j'ai moins d'éléments climatologiques à ma disposition pour le dire et même si la médiatisation en NPDC est nettement meilleure qu'en Centre Ouest, je présume que la fréquence des cas en NPDC résulte d'une véritable prédisposition climatique et non, comme le suppose Jean Dessens plus haut, d'une possible surmédiatisation.
On remarquera sur les cartes-pictos la concentration particulière sur la région lilloise. Bien sûr il serait difficile de ne pas penser à la grande concentration urbaine de cette zone, laquelle à l'évidence favorise les témoignages. Mais si seul ce facteur explique le grand nombre de cas, alors quid des autres régions du NPDC qui dans cette hypothèse devraient receler bien des cas inconnus ? D'autre part, je constate que cette bande étroite de l'extrême nord reste la plus plate de la région. A noter que le 62 semble légèrement plus touché que le 59.
Voir également ce topic sur les couloirs d'orages en NPDC : http://flandreclair.niceboard.com/LA-CONNAISSANCE-DES-ORAGES-c2/Les-differents-orages-de-la-region-Nord-Pas-de-Calais-f6/Les-couloirs-de-foudre-du-Nord-Pas-de-Calais-p842.htm#842 Et pour des infos climatologiques plus générales, voir le lien suivant : http://www.meteo59-62.com/index.php5?page=climat-nord-pas-de-calais
- Taux de fréquence sur les 14 dernières années (1994 à aujourd'hui) :
18 cas en 14 ans = 1 cas env. tous les 9 mois. Aux 10 000 km2 : 1 cas tous les 10-11 mois.




I) La Gironde (33)


La Gironde avait déjà retenu mon attention depuis un moment avec ses 5 tornades découvertes dans les archives de Sud Ouest de 2001 à 2007. A présent qu'on a recensé 1 autre tornade encore en 2007, ce département m'intéresse tout particulièrement, et ce d'autant plus quand je constate sa position géographique juste en dessous du 17 (donc a priori dans la zone d'influence des conditions climatiques décrites par Sam49 pour la Charente Maritime).
La grande taille du département relativise légèrement le nombre de tornades relevées, mais ses 10 000 km2 tout ronds m'éviteront la règle de 3 pour en calculer le taux de densité. Wink Sur la période 2001-2007, à présent 6 tornades ont été relevées (autant que dans le dpt du Nord et davantage qu'en Hérault). Bien sûr, ces résultats doivent être pris avec circonspection étant donné la brièveté de la période qui n'écarte pas non plus la possibilité d'un pic de fréquence momentané.
Je vais donc étudier dès que possible la Gironde sur l'intégralité des archives de Sud Ouest (qui remontent jusqu'à 1994) exactement comme je l'ai fait pour les Charentes. Ce serait dommage en effet de ne pas profiter de cette superbe opportunité. Ainsi aurai-je déjà une idée plus exacte de ce qui s'y passe.
- Taux de fréquence aux 10 000 km2 sur les 7 dernières années (2001 à 2007) :
6 cas en 7 ans = 1 cas env. tous les 14 mois. La période est trop courte pour garantir la fiabilité de ces chiffres, qui seront à revoir dès que j'aurai étudié le dpt sur les 14 ans d'archives de Sud ouest.




G) L'Aude et l'Hérault (11 et 34)


Ces deux départements du Sud Est représentent une autre grosse surprise dans mes recherches.
En effet jusqu'à présent on les considérait en bloc (région Languedocienne) car ils apparaissent à peu près autant touchés l'un que l'autre sur les cartes de la totalité des cas. Or, sur ma carte depuis 2001 on constate une énorme différence de fréquence entre l'Aude et l'Hérault, dès lors qu'on s'intéresse au taux de fréquence et non plus à la simple totalité des tornades recensées (depuis 2001, 4 cas sur l'Hérault et aucun dans l'Aude).
Ceci pourrait donc laisser supposer une zone locale propice plutôt centrée sur l'Hérault (à confirmer, bien sûr). Le relief plus présent dans l'Aude pourrait également expliquer cette différence entre les deux départements. Les cas en effet s'accumulent le long de la vallée de l'Aude voire se prolongent jusque dans le nord de la Haute Garonne, sant toucher le reste de la région.
- Taux de fréquence comparés :
Depuis 1999 l'Hérault présente une fréquence moyenne d'environ 1 cas tous les ans (fréquence moyenne de 1 cas tous les 1,89 ans depuis 1990). L'Aude présente depuis 1963 une succession de cas à intervalles relativement réguliers : 1963-1969-1979-1990-1999 (2 cas le même jour mais issus d'un même épisode météo). On peut donc supposer pour cette dernière un taux de fréquence de 1 cas significatif tous les 9 ans seulement !


Dernière édition par Nico 17/69 le Mer 05 Mar 2008, 11:19, édité 178 fois
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MessageSujet: Re: Tornades en France   Mer 25 Oct 2006, 16:07

IV REPARTITION GEOGRAPHIQUE : ZOOM SUR QUELQUES ZONES
(partie II et conclusion)




H) La Haute Garonne (31)


Voir le dossier de Remy et Alain : http://superstorm.forumactif.com/viewtopic.forum?t=414
Même si à l'échelle de la France elle ne fait pas partie des zones les plus à risques, la Haute Garonne présente néanmoins 3 particularités :
- D'une part, grâce au dossier d'Alain et Remy, elle fait désormais partie du club très fermé des régions-dpts les plus étudiés en profondeur Wink
- D'autre part, avec ses 7 tornades validées dont trois F3 (voire deux F3 et une F4 ?), elle reste le département le plus touché de la Région Midi-Pyrénées, et probablement du Sud Ouest en général.
Pour ce qui est de la climatologie, Remy a poussé ses investigations avec l'aide de Jean Dessens. Pour résumer : situé à un carrefour de régions différentes, le département subit en conséquence des situations météo elles aussi variées, et les tornades n'échapperaient donc pas à la règle. Je ne m'étendrai pas sur toutes ces questions et préfère vous renvoyer au lien ci-dessus. Citons juste la situation-type la plus caractéristique que m'a décrite Remy : le vent d'autan chaud et humide qui se heurte à un vent d'Ouest plus frais, responsable notamment de la tornade d'Escalquens en 1844.
- Enfin ce département représente à lui tout seul tout un microcosme de paysages différents allant de la montagne jusqu'aux plaines du Nord. Peut-être est-il exceptionnel en France par sa diversité, mais du coup la zone de concentration des cas dans les plaines du Nord pourrait être davantage rattachée à la zone du Lauragais qui s'allonge vers l'Est jusque dans l'Aude, délimitant ainsi l'éventuelle zone climatique dont je parlais plus haut (voir plus haut paragraphe sur l'Hérault) : les zones les plus touchées du 31, situées dans les plaines calcaires du Toulousain semblent en effet prolonger vers l'Ouest le couloir de tornades de la vallée de l'Aude... (?). Ce département serait donc une belle démonstration de la nécessité de raisonner par zones climatiques, et non plus par département ou par pays.
Dernières nouvelles : Remy aurait eu un échange avec J Dessens au cours duquel ce dernier aurait évoqué lui aussi l'existence d'un couloir de tornades situé précisément dans cette zone, avec une unité climatologique allant en gros de Carcassonne jusqu'à Narbonne (dont l'Hérault serait en revanche exclu)...
- Stastistiques depuis 1960 :
1 cas en 1960 (F3 ? F4 ?), 1 cas en 1980 (F2) et 1 cas en 1992 (F1) = 1 cas en moyenne tous les 15,3 ans (sachant qu'il est possible que des cas restent encore à découvrir dans la période). Aux 10 000 km/h : 1 cas tous les 5 ans (4,7 exactement), sachant que si seule la surface réelle de la zone touchée était prise en compte dans les calculs, le taux de retour serait certainement plus serré.




J) Le Loir-et-Cher, le Morbihan, l'ïle et Vilaine et la Nièvre (41, 56, 35 et 58 )


La Nièvre et certains dépts bretons affichent un taux de densité remarquable depuis 2001. A-t-on affaire à des périodes exceptionnelles ou au contraire à un taux de fréquence réel ? La Nièvre en particulier se distingue par ses 5 cas de tornades enregistrées depuis 2001, alors qu'en deça les cas se font rares (parmi eux la F3 de la Charité/Loire en 1986). Ce qui à l'instar de la Gironde laisse soupçonner davantage une sous-médiatisation sur les années précédentes qu'un pic de fréquence actuel. Encore un dpt qui mériterait, je crois, qu'on se penche davantage dessus.
Quant à la Bretagne, elle se distingue particulièrement elle aussi au cours des dernières années. D'abord l'Est de la Région (Ile et Vilaine, Morbihan...) puis le Finistère en 2006 et 2007. Chris68 a évoqué sur IC la possibilité d'une cause momentanée liée à une prédominance de flux du Sud... Une tendance à vérifier sur les années qui vont suivre.
Enfin le Loir et Cher n'intéresse pas seulement Michel Delpech. Le recensement initial des tornades par Jean Dessens et François Paul y laisse en effet déjà apparaître une certaine zone de concentration. Avec sa situation en plein dans le couloir NW et ses 3 cas de tornades depuis 2001, cette région mériterait probablement elle aussi une étude plus approfondie.
- Taux de fréquence :
Non encore calculé pour ces dpts.




2) La région parisienne (75, 91, 92, 93, 94, 95, 78 )


Attention je ne parle pas ici de l'IDF entière, le 77 n'étant pas concerné par ce paragraphe.
Cette région, qui se distingue sur la carte de la totalité des cas et la carte-pictos, est en réalité moins touchée qu'il n'y paraît au premier abord (tout en gardant un taux de fréquence qu'on peut supposer soutenu).
Ici, l'explication repose essentiellement sur la grande visibilité de cette région sur le plan médiatique, ainsi que les études très approfondies menées par Guillaume Séchet. Il faut en effet savoir que ce dernier a consacré tout son temps libre durant 4 ans à explorer 1 siècle et demi d'archives de journaux nationaux et locaux ! Un boulot remarquable qui pourrait faire de cette région, située au beau milieu du couloir NW, une région-témoin du taux d'occurrence moyen qu'on pourrait y trouver (?).
Voir le site de Guillaume Séchet, centré sur la région parisienne et proposant une base de données des évènements météo anciens : http://www.meteo-paris.com/
- Taux de fréquence de 1987 à aujourd'hui :
6 cas de tornades recensées, validées ou probables sur 19 ans = 1 cas tous les 3 ans environ en moyenne (le degré d'étude de cette région autorise le choix de cette période un peu longue, ce qui compense le nombre de cas plus réduit). Aux 10 000 km2 : un peu plus d'1 cas tous les 2 ans.



Conclusion


Pour étudier les différents taux de fréquence et caractéristiques, il m'aura donc fallu m'armer d'une loupe et tâcher d'y voir plus clair à l'échelon départemental.
A vue de nez, je pense qu'en France selon les régions, on doit avoir une fourchette qui va de 1 cas tous les 20-25 ans environ pour les zones montagneuses très peu touchées, à 1-2 cas par an pour les zones les plus exposées.
A noter que le nombre de dpts sans aucun cas recensé a nettement diminué depuis mon collectage. Le 52 (Haute Marne), le 12 (Aveyron), le 48 (Lozère), le 26 (la Drôme) et le 74 (Haute Savoie) forment le dernier carré d'irréductibles à résister encore et toujours au recensement. Des conditions géographiques et(ou) climatiques locales peuvent justifier cette virginité obstinée (notamment bien sûr pour le 74), mais je constate également que beaucoup de ces dpts sont peu peuplés ou peu médiatisés... Un appel reste donc lancé vers les observateurs ou témoins éventuels de ces régions.

Pour conclure ce tour de piste à l'échelle locale, je pense qu'on devrait revoir notre habitude de parler de la France en général en tant que "bloc", car on y constate une très grande disparité et des différences énormes entre les régions. Je pense même qu'il s'agit là d'une véritable spécificité française. L'exemple de La Haute Garonne en est très caractéristique : c'est donc pourquoi il serait à mon avis nécessaire d'isoler ces zones climatiques. C'est également pourquoi le recul à l'échelle européenne pourrait se révéler intéressant pour comprendre.
Enfin, je commence à supposer les zones les plus à risques non plus sur la classique écharpe NW, mais sur les deux pôles NPDC et Centre Ouest (Gironde incluse), et le littoral du Languedoc-Roussillon dans une moindre mesure, peut-être aussi le duo Nièvre-Yonne en Bourgogne. En effet dans l'écharpe du NW, beaucoup de régions s'obstinent à demeurer peu touchées voire quasi vides malgré mes ratissages (??). D'ailleurs la région parisienne très étudiée et très médiatisée pourrait constituer un exemple de la fréquence moyenne qu'on pourrait trouver dans ce couloir (1 tornade tous les 2 ans aux 10 000 km2). Fréquence qui, si elle est déjà bien soutenue et mérite d'être signalée, reste malgré tout 2 à 3 fois moindre que celle du 17 ou du NPDC.
Sachant bien sûr que tout ceci reste à confirmer par l'étude approfondie des régions notamment du centre de la France et de l'intérieur du couloir NW.


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Nico 17/69
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MessageSujet: Re: Tornades en France   Mer 25 Oct 2006, 16:10

V FREQUENCE ET AUTRES DONNEES ANNUELLES
Quelques interrogations et réflexions




A) Introduction et remarques


Ces dernières années sont les seules que l'on puisse considérer à peu près exhaustives concernant les cas classés F1 et +, les années plus anciennes comportant d'inévitables lacunes. Aussi j'ai choisi de commencer mes cartes annuelles avec l'année 1999. Toutes ces cartes sont bien sûr actualisées au 31 décembre 2007. Pour des renseignements plus récents, voir http://www.keraunos.org/tornades-france-trombes-tubas-bdd.htm .


Eléments de statistique

L'année la plus fortement touchée : 2004 avec 25 cas.
L'année la moins fortement touchée : 2002 avec 11 cas.
On peut donc supposer une moyenne d'environ 15-20 cas par an en France ce qui reste assez peu par rapport à d'autres pays d'Europe. Outre les possibles lacunes du recensement, on peut évoquer en guise d'explication le caractère très éclaté du paysage français, qui comporte de vastes zones montagneuses peu propices (v. plus haut chapitre III Répartition géographique : Généralités, paragraphe A ).
A noter quand même qu'avec ce chiffre de 17 cas/an en moyenne, on peut envisager sur les 3 derniers siècles plusieurs milliers de trombes significatives au lieu des quelques 350 déjà recensées. Beaucoup de cas sont donc passés à la trappe, et certains y resteront probablement à jamais.

Une fois de plus, je rappelle également que les résultats des études effectuées avec les articles de journaux tendent à faire remonter essentiellement les trombes dites "significatives" cad ayant provoqué des dégâts, la plupart du temps F1 et +. Or évidemment ces cas-là ne représentent pas la totalité des cas en France. Il existe aussi des trombes très faibles et très brèves qui ne faisant aucun dégât passent la plupart du temps inaperçues, et qu'on ne peut donc qu'estimer.
Incluant ces derniers cas, l'étude de Jean Dessens estime le nombre total de cas en France, toutes intensités confondues, à 2 par an et par département (environ 180 trombes au total par an). Ma propre "étude" me permet d'estimer ce même nombre total à 5-7 trombes annuelles voire plus aux 10 000 km2 pour les zones les plus touchées. Evidemment ces chiffres n'ont rien à voir avec ceux dont il a été question jusqu'à présent et qui sont montrés sur les cartes qui suivent. Cela montre à quel point il est bien nécessaire de savoir à quels chiffres (estimés ou liés au strict recensement) on se réfère.
C'est également pourquoi à mon avis l'émergence depuis quelques années de témoignages visuels de plus en plus nombreux (la plupart concernant justement des petites trombes) ne doit pas faire penser à une augmentation réelle de leur nombre. Pour l'instant nous n'avons aucun moyen sûr d'émettre une telle conclusion. Je pense simplement que ces trombes faibles jusqu'alors seulement estimées deviennent plus visibles.





B) Les cartes


Carrés rouges : cas avérés et fortement probables ; carrés oranges : cas possibles ; carrés gris : cas plus incertains ; carrés bleus : trombes marines
Rectangles bleus : épisodes de 3 trombes marines ou + ; rectangles rouges : épisodes de 3 trombes terrestres ou + ; rectangles oranges : 3 trombes terrestres possibles ou +
Petits ronds rouges : tubas au-dessus de la terre ; petits ronds bleus : tubas au-dessus de la mer ; petits ronds gris : tubas incertains




Carte 6 : 1999

On peut supposer l'année un peu sous-représentée. Néanmoins l'Aude, l'Hérault et la Charente Maritime ont été particulièrement touchés cette année-là (3 cas chacun, 2 pour l'Aude). On notera également une tornade survenue à Cardonville (Ysigny sur Mer) dans le Calvados le 25 décembre juste avant l'arrivée de Lothar.







Carte 7 : 2000

Peu de cas dans l'ensemble, avec une concentration dans le Nord Pas de Calais (3 cas).






Carte 8 : 2001

Une année plus "riche" dans l'ensemble avec 20 cas. On y remarquera l'émergence des cas plus incertains représentés en gris, due à l'exploration des journaux en ligne à partir de cette année.
La répartition géographique est plus équilibrée avec même un cas dans les Vosges.






Carte 9 : 2002

Très peu de cas pour cette année 2002 qui n'en totalise que 10 (à se demander s'il n'en manque pas...). Concentration dans le centre Ouest et la région PACA.






Carte 10 : 2003

Ici, les cas sont mieux répartis géographiquement, mais les cas incertains sont particulièrement nombreux, notamment dans l'Ouest et le centre-Est.






Carte 11 : 2004

L'année a été particulièrement marquée pour la région Nord Pas de Calais, frappée par 4 tornades cette année-là, auxquelles il faut ajouter un épisode de 11 trombes marines observées le même jour.
On commence également à voir émerger les tubas, que les gens photographient davantage et partagent sur le net.






Carte 12 : 2005

20 cas totalisés pour cette année, qui compte notamment un cas (à vérifier) en Corse, un assez grand nombre de cas incertains. Pour la Corse, on notera également un impressionnant épisode de trombes marines en automne, abondamment photographié.






Carte 13 : 2006
On remarquera ici le caractère atypique de cette année sur le plan de la répartition géographique. En effet, les régions de l'Est et la région Rhône-Alpes ont été particulièrement touchées alors que les habituelles régions du Nord Ouest l'ont été moins qu'à l'ordinaire.
Le nombre de tubas repérés augmente de manière sensible.






Carte 14 : 2007 (actualisée au 17 juillet 2007)

Année commencée en fanfare avec le petit outbreak du 1er janvier, qui a touché essentiellement Bretagne et régions du Centre Ouest. La Bourgogne aura été très touchée elle aussi cette année. A l'inverse, le NPDC habituellement touché a été épargné. Voir le bilan climatologique Kéraunos 2007 http://www.keraunos.org/recherche-etude-wesolek-bilan2007.pdf



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MessageSujet: Re: Tornades en France   Mer 25 Oct 2006, 16:10

VI CARACTERISTIQUES DES TORNADES EN FRANCE
Types d'évènements, intensité, dimensions, durée...




Les travaux de Jean Dessens et François Paul ont bien approfondi toutes les caractéristiques présentées par nos trombes french touch (voir le site présentant les travaux de Dessens et Snow sur le sujet : http://metamiga.free.fr/tornade_france/page1.htm ).
A ce niveau entre autres, mes propres recherches n'ont pas relevé grande différence et ne sauraient se substituer aux indispensables travaux des pionniers en la matière (voir chapitre I).




A) Les différents types d'évènements



1) Les trombes terrestres

Je ne m'attarderai pas dessus, étant donné qu'elles constituent l'essentiel de mon dossier. Mes recherches m'ont cependant amené à distinguer grosse modo 3 catégories de cas :
- Les trombes que je qualifie de "siginificatives" ayant provoqué des dégâts sérieux (depuis la T1 ou grosse F0) dont les journaux se font l'écho.
- Les trombes faibles (petites F0) qui sont vues ou provoquent quelques petits dégâts caractéristiques, tels que me les a décrites un proche. Elles ne figurent qu'à de rares exemplaires dans mes résultats, la plupart d'entre elles se cantonnant aux mémoires individuelles et collectives à l'échelle d'un village ou d'une contrée, le plus souvent sans faire l'objet d'un article de journal même local.
Précisons aussi qu'un certain nombre de ces trombes faibles peuvent avoir été des gustnadoes ou tornades un peu particulières apparaissant sous les fronts de rafales. Non rattachés au nuage, les gustnadoes évoluent quand même avec ce dernier, formant comme une sorte de "super-dustdevil" sous orage. Leur force modérée peut aller jusqu'à F1. Je pense que les connaissances et le matériel actuel de MF ne permet pas, à l'heure actuelle, d'identifier précisément les gustnadoes quand le phénomène n'est pas directement vu (mais je peux me tromper...).
- Les trombes faibles non vues, dont on ne peut qu'estimer le nombre (v chapitre précédent).


2) Les trombes marines

Elles n'ont pas été prises en compte dans le recensement initial de Jean Dessens et j'ai vite compris pourquoi. En effet, leurs conditions d'apparition et leurs caractéristiques sont quelque peu différents de ceux des trombes terrestres. Et leur fréquence est beaucoup plus élevée.
Les trombes marines apparaissent quand la surface des eaux restée chaude après l'été se heurte à l'air devenu plus frais en automne. Les mois d'automne (octobre, novembre) sont donc la période la plus propice à leur apparition. Bien que d'intensité faible le plus souvent, il peut arriver que des trombes marines arrivent sur les terres et y deviennent des tornades destructrices comme à La Rochelle en 1971 ou plus récemment à Dinard. Les régions les plus propices à l'observation des trombes marines sont les côtes méditerranéennes et corses. Antibes en particulier est réputé pour ça. A priori il me paraît logique que le taux d'ensoleillement y soit pour quelque chose. Sur les côtes atlantiques ou de la Manche, le phénomène semble (un peu) plus rare. Sur les côtes charentaises on en observerait à peu près tous les ans d'après MF17, et on en a également relevé ces dernières années sur les côtes de Bretagne, du Nord Pas de Calais ou du pays basque. Si le taux d'ensoleillement en tant que facteur prédominant était confirmé, alors les régions atlantiques les plus ensoleillées devraient également se révéler les plus pourvues en trombes marines (17, 85, 44...). Les épisodes les plus remarquables (ou en tout cas les plus connus) restent celui des côtes dunkerquoises en octobre 2004 (11 trombes en quelques heures) et ceux du Cap Corse en automne 2005. A noter qu'en Corse en 2005, le phénomène observé en toutes saisons en était devenu quasi banal...
Dernière question : le nombre de trombes marines est-il proportionnel à celui des tornades terrestres ? Si c'était le cas, la région d'Antibes - Nice mériterait alors un coup de projecteur personnalisé pour les tornades terrestres... Personnellement je crois à une certaine proportionnalité en rapport avec les facteurs climatiques généraux, mais on constate cependant que les régions à plus forte densité de trombes marines ne sont pas celles qui ont la plus forte densité de trombes terrestres. Tout dépend évidemment des autres facteurs. Je pense en particulier à la Corse au relief montagneux : pas ou très peu de tornades terrestres à cause du relief. La singularité du cas est ici évidente. Mais peut-être les causes sont elles multiples... (?)


3) Les tubas

Evidemment beaucoup plus nombreux que les tornades, la plupart des tubas (amorces de tornades qui ne touchent pas le sol) passent inaperçus. Depuis l'apparition du net et divers objets de nouvelle technologie, beaucoup de tubas arrivent à gagner la célébrité en devenant plus visibles. On les voit nettement émerger sur mes cartes annuelles à partir de 2003.
La fréquence des tubas dans les différents régions pourrait se révéler un bon moyen de vérifier ces différents facteurs de causalité dont je parle plus haut (chapitre Répartition géographique : Généralités). En effet leur nombre similaire dans les zones peu touchées et dans les zones très touchées pourrait mettre en évidence le rôle joué par la nature des sols dans la génèse des tornades. A l'inverse, un nombre plus important de tubas révèlerait le rôle joué par les facteurs climatiques locaux dans des zones plus touchées.


4) Les dustdevils

C'est un autre phénomène tourbillonnaire dont il n'a jamais été question jusqu'à présent mais que j'évoque ici brièvement. Les dustdevils ou tourbillons de poussière (appelés sorcières, follets ou danseuses selon les régions) se forment par temps très chaud, en général sous un beau ciel bleu ce qui les différencie radicalement de leurs cousines géantes sous orage.
Peut-être cette nature du sol calcaire déjà évoquée, à fort pouvoir d'échauffement, favorise-t-elle aussi la formation des dustdevils. En effet ils semblent communs dans ce genre de régions.
Les dustdevils en général sont d'intensité faible et peu dangereux. Méfiance tout de même ! J'ai quelques cas de "sorcières" particulièrement vigoureuses dont l'une a pu soulever à 1 mètre de hauteur toute la structure d'une buvette (Tonnay Boutonne, 17, en 2003). Et tous les internautes passionnés de météo connaissent bien cette vidéo d'une sorcière nippone qui a offert un baptême de l'air à quelques chaises pliantes.




B) Les intensités


Parmi les 350 cas de trombes terrestres recensés par Jean Dessens et François Paul depuis un peu plus de 3 siècles, on compte 2 tornades d'intensité F5, 13 tornades d'intensité F4, 78 tornades F3, 137 tornades F2, 83 tornades F1, 37 tornades F0.
Aux cas déjà recensés, mes recherches ont ajouté essentiellement des F1 et des F2, de loin la catégorie la mieux représentée dans les recensements, et aussi quelques F3. Bien sûr plus on descend dans le bas de l'échelle et plus les cas sont nombreux. Mais comme déjà expliqué dans le chapitre précédent, le nombre de F0 en particulier ne pourra qu'être estimé, beaucoup d'entre elles passant inaperçues.
Quant aux F3 et plus, pour la plupart on peut les supposer déjà connues des recenseurs, exceptions faites du cas de St Georges de Didonne (17) et de celui de Champagne-Mouton (16-86) que mes recherches et celles de Kéraunos ont récemment fait remonter. Un autre exemple d'une possible très grosse tornade en 1939, encore inconnue, m'amène à penser qu'en explorant les archives on devrait encore découvrir de très grosses tornades anciennes (F3, F4 voire F5) encore inconnues. A noter enfin que nos données sur les années récentes laissent entrevoir un taux de retour des F3 bien supérieur au chiffre communément admis de 1 tous les 6-7 ans environ : sur certaines périodes, les F3 surviennent quasiment tous les ans.
Enfin il semble que l'étude de la représentation des cas par intensité (camemberts) à l'échelle nationale et(ou) régionale puisse révéler certains facteurs climatiques ou géologiques. Je n'ai malheureusement pas pu effectuer ce genre de statistiques (Charentes exceptées) car dans ma base de données trop de cas demeurent sans classement ou avec des classements approximatifs.
Je n'ai pas pu non plus effectuer de statistiques d'occurrence des très grosses trombes.




C) Les dimensions



1) La longueur et l'orientation des trajets

La longueur de la distance parcourue varie en général de quelques centaines de mètres à quelques kms. Le trajet le plus long parcouru par une tornade en France est de 58,5 km. Il s'agit de la tornade classée F4 de St Claude (39) le 19 août 1890 (dont la largeur, 1000 m, était elle aussi plus que respectable). Dans les cas recensés une poignée de tornades ont ainsi parcouru plusieurs dizaines de kms.
En France à mon avis, la grande variété géologique et le cloisonnement des paysages interdisent les longs trajets car très vite les trombes rencontrent des obstacles (relief...). Il est à noter que les intensités (classement sur l'échelle de Fujita) et l'importance des dimensions (longueur, largeur) ne sont pas forcément proportionnelles, même si elles sont relativement liées. Par exemple, la F5 de Palluel (62) n'aura parcouru "que" 23 km.
L'orientation des trajets se fait la plupart du temps d'Ouest en Est, plus précisément Sud Ouest/Nord Est. En fait, la trombe suit tout simplement la direction prise par le système orageux qui lui a donné naissance. Plus rarement, on peut observer des trajets Sud Nord notamment en Méditerranée. Enfin, j'ai connaissance de certaines trombes de Haute Garonne qui ont exceptionnellement suivi un trajet Nord/Sud.


2) Sens de rotation

Ici, rien de nouveau par rapport à l'étude de Jean Dessens. Je n'ai que très peu d'informations à ce sujet et ne peux que reprendre la conclusion de JD : la plupart du temps les trombes ont un sens de rotation inverse à celui des aiguilles d'une montre.


3) Les largeurs de couloirs de dégâts

Elles varient de 15-20 m à plusieurs kms de largeur. Je suis longtemps resté incrédule devant les dimensions proprement effarantes de certaines trombes affichant sans vergogne des largeurs supérieures au kilomètre. Le record en la matière reste celui de la trombe de Javaugues en Haute Loire, avec ses 3 kms de largeur !
Là encore comme pour les longueurs des trajets, le rapport entre l'intensité et la largeur n'est pas forcément proportionnel puisque cette mégatornade n'a été classée "que" F3 (à l'inverse par exemple, la F4 de La Rochelle en 1971 ne faisait que 50 m de largeur).
Il semble que la largeur maximum des trombes soit conditionnée par la nature du sol, et des frotttements que ce dernier occasionne à son passage.


4) La durée

Celle-ci reste souvent inconnue dans les bases de données car elle est très difficile à évaluer dans son ensemble par les témoins ou victimes, dont la plupart parlent des quelques secondes durant laquelle la trombe est passée chez eux ou non loin. Etant donné que les distances la plupart du temps sont courtes, les durées sont souvent très brèves et n'excédent pas quelques secondes, même parfois pour des tornades assez puissantes comme la F2 de Haimps (17).


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MessageSujet: Re: Tornades en France   Mer 25 Oct 2006, 16:12

VII CARACTERISTIQUES DES TORNADES EN FRANCE
Répartition annuelle et situations météo-types, répartition journalière, tornades en série





A) Répartition annuelle et situations météo-types



1) Généralités et tornades estivales

Concernant les répartitions annuelle et journalière, je n'ai pas moi-même effectué de statistiques sur mes propres résultats. Aussi me contenterai-je de reprendre ici les constatations de Jean Dessens dans son étude. Sachant que les cas récoltés par mes soins semblent se situer dans la continuité de ses résultats.
En France et probablement en Europe, on peut dire que nous avons deux types de tornades selon leur répartition chronologique dans l'année : les classiques cas de saison chaude, qui apparaissent grosso modo d'avril à septembre, et les tornades de saison froide (v sous-paragraphe suivant). Les deux pics de fréquence pour les trombes significatives sont le mois de Juin et le mois d'Août. En dehors de ces maxima la répartition dans l'année s'effectue de manière assez uniforme sur l'ensemble des mois et des saisons (c'est le cas dans mon étude charentaise, où tous les mois de l'année sont représentés).


Répartition mensuelle des tornades en France en % des cas recensés (source Kéraunos)


Selon la saison les situations-météo types diffèrent sensiblement. D'après l'étude de Jean Dessens, la situation-type d'été correspond aux situations orageuses classiques : à 500 hPA, un flux de sud-ouest sur la France provoqué par des hautes pressions sur le Sahara et des basses pressions sur le Golfe de Gascogne ou sur l'Atlantique. Au sol un léger creux du champ de pression au-dessus de la France, ou marais barométrique. Pour plus de détails voir http://metamiga.free.fr/tornade_france/page1.htm .
Enfin, les tornades estivales apparaissent de préférence à l'intérieur des terres.


2) les tornades de saison froide

Les trombes survenant entre octobre et mars représentent une proportion non négligeable de leur total dans certaines zones, notamment le centre Ouest. Jean Dessens estime leur pourcentage à environ 20 % du total des cas en France. Elles ont fait l'objet d'une étude approfondie dans le numéro 44 de La Météorologie de février 2004, qui détaille entre autres les conditions météo favorables à leur apparition. Je ne pourrai ici m'étendre dans le détail et me contenterai de relever les aspects suivants, cités directement d'après le dossier de La Météorologie :
- La situation-type favorable aux tornades en saison froide : "à 500 hPA, rapide flux d'ouest à sud-ouest (entre 75 et 130 km/h), circulant entre des bas géopotentiels centrés de l'Irlande à la Mer du Nord et des hauts égopotentiels s'étendant des Açores à la péninsule ibérique".
- Les tornades se produisent "à gauche du courant-jet ou juste sous celui-ci, c'est-à-dire dans la zone de tourbillon cyclonique, du côté froid du courant-jet".
- En surface, les tornades se produisent de préférence "dans des situations de traîne active d'ouest - sud-ouest, loin à l'arrière du front froid principal". J'ai eu l'occasion de le vérifier avec les cas charentais de mon étude.
- Enfin les tornades de saison froide se produisent de préférence près des littoraux, zones où l'instabilité est la plus grande en hiver. Les régions les plus touchées sont celles du centre-ouest : portion Est de la Bretagne, Pays de Loire, Charente Maritime.



B) Répartition journalière


D'après l'étude de Jean Dessens et John Snow, le maximum de fréquence se situe dans la journée, avec deux pics particuliers : l'un entre 16 h et 17 h TU, et l'autre entre 18 h et 19 h TU*. Comme pour la répartition annuelle, en dehors de ces pics les tornades se répartissent de manière équilibrée sur le reste de la journée.
On peut facilement faire le lien entre le degré d''insolation et l'horaire d'occurrence des trombes puisqu'elles surveinnent le plus souvent vers midi en période froide, et dans l'après-midi voire début de soirée entre Avril et Octobre. Il existe cependant des trombes nocturnes pour lesquelles on ne peut évidemment invoquer l'insolation. Ces dernières sont d'ailleurs souvent difficiles à identifier faute de témoignages directs. 20 grandes trombes du recensement de Jean Dessens ont eu lieu la nuit.

* Heure TU (Temps Universel) :
Octobre à Mars : heure locale - 1 h
Avril à Septembre : heure locale - 2 h




C) Les tornades en série


En France la plupart du temps, les tornades significatives nous sont connues de façon isolée lors d'un épisode donné. Cependant au fil de mes recherches, j'ai été amené à tenir compte de deux choses.
D'une part, ces trombes isolées peuvent très bien avoir été accompagnées d'une ou plusieurs petites trombes très faibles passées inaperçues, ou au minimum de quelques tubas. La chose me paraît même quasi certaine à présent.
D'autre part, les trombes significatives en série existent bel et bien. Dans son étude, Jean Dessens a déjà recensé plusieurs épisodes de ce type, notamment dans les années 60 :
- Le 4 mai 1961 en même temps que la célèbre tornade d'Evreux (27), 3 autres tornades se sont déclarées à Cormeilles (14), à Barentin (76) et à St Ville (77).
- Le 24 juin 1967, les tornades d'Argoules (F2) et de Davanescourt (F3) se sont produites lors du même épisode, à 83 km l'une de l'autre.
- Le 1er août 1963, deux F3 se sont produites simultanément à 80 km de distance, l'une à Mazerolles et l'autre à Tonneins...
Mes propres recherches ont également fait ressortir quelques cas, dont celui de La Rochelle (F4) le 25 janvier 1971 qui s'est accompagné de deux autres trombes à St Fort/Gironde (F2 ?) à environ 80 km de là et Aigonnay, extrême sud 79. Dans les journaux en ligne, j'ai retrouvé un autre cas le même jour et dans le même département que la tornade d'Ivoy le Pré (28 juillet 2005). Un témoignage indirect m'a fait état d'une autre tornade destructrice, à Mèze en Hérault, le même jour que la tornade de Nîmes (6 octobre 1961)...
La liste n'est pas exhaustive. Souvent les témoignages qui me sont parvenus ou les articles de journaux ont ainsi fait apparaître au grand jour des "petites soeurs" de trombes déjà connues et recensées. Ce qui m'amène à penser qu'en France, les orages donnant plusieurs trombes sont probablement beaucoup plus fréquents qu'on pourrait le penser.

Un autre aspect à ne pas négliger : les cas de trombes au trajet très longs pourraient en réalité se révéler des cas en séries, lesquels se seraient en quelque sorte passé le relais.
Ainsi je me suis fait récemment la réflexion pour le cas de la F3 de Varaize (17) dont on sait déjà qu'elle a parcouru une quarantaine de kms sur un trajet allant des Vals de Saintonge jusqu'au sud du 79. L'article de journal comporte la citation d'un témoin selon lequel la trombe aurait été au départ une trombe marine entrée dans les terres. Or dans ce cas, la trombe aurait parcouru non pas 40 km, mais plus d'une centaine de kms (!!) de la zone royannaise jusqu'au sud 79, ce qui est peu probable. Il peut donc s'agir d'une autre trombe survenue le même jour en région royannaise.

Enfin, on appelle outbreak les épisodes de 6 tornades et plus. En France à ma connaissance, les deux seuls épisodes anciens qu'on puisse qualifier ainsi au sens strict du terme sont celui du NPDC en 1967 (qui a également concerné la Belgique), et celui rapporté par Torro en 1669, qui aurait concerné une zone allant de La Rochelle à Paris. On soupçonne un autre outbreak ou gros épisode tornadique en juillet 1983 en Poitou Charentes et enfin, un quasi outbreak est survenu le 1er janvier 2007 avec 4 à 5 tornades simultanées dans le centre ouest (Bretagne, Vendée et Poitou-Charentes).


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MessageSujet: Re: Tornades en France   Mer 25 Oct 2006, 16:13

VIII SELECTION DE CAS PARMI LES PLUS REPRESENTATIFS
20 évènements depuis 1669 jusqu'à aujourd'hui




Présentés par ordre chronologique, ces cas ont été choisis en fonction de 3 critères :
- Cas connus et marquants, présentant éventuellement une particularité
- Cas à l'inverse très peu connus voire totalement inconnus, tout en restant remarquables pour une raison ou une autre...
- Cas très bien documentés (analyses de la situation, photos, témoignages, articles...)



- 1669 : outbreak signalé en septembre sur un secteur allant de La Rochelle à Paris
Torro évoque cet oubreak survenu au XVIIème siècle qui semble avoir marqué les esprits.
Les trombes les plus sûres auraient eu lieu à La Rochelle et à Paris. Entre les deux, on parle d'une éventuelle super-tornade qui aurait parcouru les 400 km qui séparent les deux villes. Mais la chose reste très peu crédible, l'évènement étant très ancien et s'étant déroulé la nuit... Plus vraisemblablement il s'agirait donc d'un outbreak où plusieurs tornades se seraient passé le relais durant la nuit sur cette zone.
Source : http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_tornadoes_and_tornado_outbreaks

- 1840 (7 novembre) : F3 à Varaize (17)
Bien que recensée, cette trombe classée F3 est totalement inconnue du milieu météo. Elle compte pourtant parmi celles qui ont parcouru les trajets les plus longs en France (une quarantaine de kms depuis les Vals de Saintonge jusqu'au sud des Deux Sèvres). Ses dégâts ont été considérables, un hameau ayant même été presque entièrement détruit. Heureusement aucune victime humaine n'est à déplorer. Avec la F4 de La Rochelle en 1971 et la F3 du Castellet en 2000, ce cas figure également parmi les rares cas de très fortes tornades survenues en saison hivernale.

- 1845 (19 août) : F5 à Montville (76)
L'une des deux F5 enregistrées en France, et la plus meurtrière connue.
Ce jour-là l'orage éclate en début d'après-midi après une matinée lourde et chaude. Vers 1 h, une trombe se forme sur le cimetière de Malaunay. Elle va faire 70 morts et 300 blessés en pulvérisant littéralement les bâtiments de trois filatures. "Elle avait la forme d’un immense cône renversé, dont la base était appuyée sur le ciel et le sommet à une petite distance du sol. Elle roulait avec fracas, tournant sur elle-même avec une vitesse effrayante ; sa couleur était d’un gris jaunâtre" (extr du Journal de Rouen, éditions des 20 et 22 août 1845). Arbres "tordus, brisés et renversés en tous sens", multiples toitures endommagées...

- 1890 (19 août) : F4 à St Claude (39)
C'est la tornade recensée ayant parcouru le plus long trajet : 58,5 kms. Sa largeur était également impressionnante : 1000 m. Survenu en début de soirée (vers 20 h) à St Claude dans le Jura, ce véritable monstre a prolongé son trajet jusqu'en Suisse et provoqué la mort de 6 personnes.

- 1896 (10 septembre) : F2 à Paris (75)
Nous sommes le 10 septembre 1896 vers 15 h. Imaginez une forte F2 d’une centaine de mètres de diamètre se former près de la place St Sulpice (6ème arrondissement), traverser la capitale en passant par l’île de la cité et la place du Châtelet, la place de la République et l’hôpital St Louis... Tout juste si elle n'a pas remonté les Champs Elysées ! Les dégâts causés par cette trombe meurtrière (5 morts) en plein Paris sont très impressionnants, notamment dans la rue de Réaumur (renseignements Guillaume Séchet). D'après le recensement effectué par Jean Dessens,cette tornade s'est formée vers 1440 TU . Sa trajectoire mesurait 6 km de long sur 300 m de large.
A noter que le recensement fait état d'une autre tornade F2 à Paris la même année le 26 juillet 1896.

- 1902 (3 juin) : F3 à Javaugues (43)
Survenue le 3 juin, c'est la tornade la plus large jamais enregistrée en France et même en Europe : 3000 m ! Pour comparaison, le record mondial est de 2,5 miles (soit un peu moins de 4 km) pour la F4 de Hallam en 2004 (USA). Autant dire qu'on n'est pas loin derrière... Shocked En outre, le cas n'est pas isolé. Rien qu'en France, on a ainsi recensé un certain nombre de cas dont la largeur dépassait 1000 m.
Paradoxalement, la tornade n'aura fait qu'un seul mort. Mais on imagine aisément ce que pourrait causer actuellement un tel monstre sur une zone très urbanisée... On peut noter également qu'elle n'a parcouru que 7 km et surtout qu'elle s'est déclarée en Haute Loire, département très peu touché, et en zone vallonnée voire montagneuse.

- 1960 (18 mai) : F3 (F4 ?) à Garac (31)
Très peu connue, c'est pourtant la toute première tornade française dont un scientifique (Jean Dessens) ait visité les lieux dévastés pour l'étudier.
Le 18 mai à 14 h 15, une tornade se forme dans la plaine en bas de la colline de Garac et la longe sur une longueur de 2 km et une largeur de 80 m, causant également des dégâts à Belle garde et Noïc. Une ferme a été entièrement détruite ainsi que deux autres endommagées avec leurs dépendances. La chapelle de Noïc presque entièrement détruite a été conservée en l'état jusqu'à maintenant. A noter qu'un reclassement de ce cas est envisagé, suite à l'enquête de Remy qui laisse entrevoir des dégâts de type F4.
Ce cas a été particulièrement bien documenté et analysé grâce au dossier de Remy dont voici le lien (recommandé : clic droit ==> Ouvrir dans une autre fenêtre) :
http://superstorm.forumactif.com/viewtopic.forum?p=1521#1521

- 1961 (4 mai) : F3 à Evreux (27)
Célèbre et présente sur nombre de publications spécialisées, cette trombe est à ma connaissance la seule en France dont on ait pu mettre en évidence les vortex multiples (notamment grâce à une photo célèbre. Voir post Photos et vidéos plus bas).
Formée dans l'après-midi au cours d'un orage à grêle, elle a tué une personne et en a blessé 100 autres sur un parcours de 8 km et une largeur de 500 m. D'après un internaute dont le père a vu la trombe, elle serait passée en plein centre ville (alors qu'Evreux serait située dans une cuvette).

- 1967 (23, 24 et 25 juin) : outbreak en Nord Pas de Calais, dont une F5 à Palluel
le 23 Juin, gros orages de grêle sur le sud du département du Nord. On signale plusieurs tornades de faible intensité.
Le 24 Juin, très violents orages en soirée. Précédées de violentes rafales de vent et de chutes de grêlons atteignant 7 à 8 cm, deux violentes tornades F4 et F5 (Palluel) ravagent le sud du Pas-de-Calais et le département du Nord : une multitude de maisons, même en briques, sont purement et simplement rasées, des trains sont déplacés, les voitures sont emportées dans les airs, ainsi que des troupeaux de vaches entiers. La tornade F5 [...] a même emporté dans les airs une maison entière avec ses deux occupants, retrouvés morts au milieu des décombres de leur habitation qui avait atterri un peu plus loin dans un marais. Bilan : 7 morts, une centaine de blessés, plus d'un millier de sans-abri et des dégâts matériels considérables. Cette tornade F5 de Palluel fut la tornade la plus violente du XXème siècle en Europe Occidentale.
Le 25 Juin, nouveaux et violents orages sur l'ensemble du Nord et du Pas-de-Calais et plusieurs tornades, dont deux F3 : des centaines de maisons sont détruites, des milliers d'arbres sont arrachés, de nombreuses récoltes détruites. Des arbres centenaires sont emportés dans les airs comme des "fétus de paille" (expression d'un témoin) !
D'après le dossier de l'Association Météorologique du Nord Pas de Calais ( http://perso.orange.fr/ligne/extremes2.htm ).

- 1971 (25 et 26 janvier) : plusieurs tornades en Charente Maritime et sud Deux Sèvres, dont une F4 à La Rochelle
Parmi les très grosses tornades, cette F4 de La Rochelle reste l'une des moins connues et des moins documentées (pour autant que je sache, Jean Dessens n'aurait eu qu'un article de la Dépêche du Midi + formulaire envoyé au maire, et seuls Guillaume Séchet et moi-même sommes en possession d'un article détaillé de Sud Ouest paru le 26 janvier 1971). Autre particularité, cet évènement compte également, avec la F3 de Varaize, parmi les rares F3 et + à être survenues en automne voire en plein hiver.
Ce jour-là dans la matinée, une trombe marine s'invite dans les terres et commence par inonder le port de La Pallice, avant de causer de nombreux dégâts sur un trajet de 2,9 km de long et 50 m de large : un bâtiment entier soulevé sur 1 mètre, des centaines de voitures soulevées voire complètement détruites, de nombreuses toitures arrachées intégralement... La tornade a fait un mort, 10 blessés et 46 sans-abri.
Le même jour et le lendemain de cet évènement, deux autres trombes de force F1 ou F2 se sont déclarées dans la région : l'une à St Fort/Gironde (17) et l'autre à Aigonnay (extrême sud du 79).

- 1983 (26 juillet) : gros épisode tornadique voire outbreak possible dans le Centre ouest, dont une probable F3 à Champagne Mouton/Charroux.
Le 26 et 27 juillet, une vague orageuse avec des vents exceptionnellement violents frappe tout le Poitou Charentes ainsi que la Gironde et la Dordogne. Plusieurs tornades ont été constatées. De Champagne-Mouton voire de Mansle (16) à Charroux et Gençay (86), une possible F3 a pu parcourir plus de 50 km, très puissante vu l'ampleur des dégâts : toitures arrachées, "des hangars agricoles transportés à plusieurs dizaines de mètres de leur implantation", des arbres volant au-dessus des maisons et décapitant ces dernières...
A Tonnay Boutonne (17) vers 23 h, une autre tornade frappe une peupleraie, dont tous les arbres sont sciés à mi hauteur par le vent. Autres tornades possibles à Chauvigny (86) et à Bords (17)...

- 1986 (17 août) : F3 à La Charité sur Loire (58 )
Un autre cas très connu et très souvent cité par les spécialistes, qui fit un mort et 33 blessés. Elle parcourut 22 km sur un terrain plutôt vallonné et provoqua d'énormes dégâts sur une largeur de 500 m environ. Elle s'accompagna d'impressionnantes chutes de grêle avec d'énormes grêlons gros comme des oranges.

- 1990 (octobre) : plusieurs tornades en Hérault
En octobre 1990, plusieurs tornades, dont une de classe F2 à F3, ont ravagé deux campings et provoqué d'importants dégâts aux constructions (basse vallée de l’Hérault, région entre Béziers et Sète).
Ces tornades auraient également concerné l'Aude. Je n'ai malheureusement pas davantage de renseignements, mais l'épisode a fait l'objet d'une étude approfondie dont je vais rechercher les références exactes.

- 1996 (Novembre) : F3 (?) à St Georges de Didonne (17)
Une puissante tornade qui n'a pas encore été recensée.
Dans un contexte de tempête, un témoin sur la plage voit se former une trombe marine qui file aussitôt vers les terres et s'y enfonce. Des dégâts parfois considérables ont été relevés tout au long du trajet de 10 km environ, qui a mené la trombe jusqu'à Sémussac, où tout un lotissement a été détruit. Des centaines de toitures endommagées dont certaines intégralement arrachées, des arbres transformés en projectiles... Ce tout dernier détail me fait envisager un possible classement F3.

- 1998 (8 janvier) : F2 à St Omer la Capelle (62)
En soirée, une trombe classée F2 ravage St Omer et des villages alentours, causant notamment causé des dégâts sur l'église. Il serait possible que ce soit une trombe marine entrée dans les terres. D'après un internaute, la BBC aurait rapporté le même phénomène dans un petit village de la côte sud de l'Angleterre.

- 1999 (15 mai) : F2 à Villasavary (11)
Villasavary ou Bram (Aude) le 15 mai 1999, classée F2
De multiples photos et même une vidéo ont été prises de cette trombe notamment par les services de gendarmerie et la marine Nationale. Dégâts conséquents (serres détruites...) dans la commune de Villsavary près de Castelnaudary. Une objection émise sur un forum évoque d'ailleurs plutôt le village de Bram situé à proximité.
Formée dans l'après-midi vers 16 h 15, cette trombe a parcouru 5 km sur 50 m de largeur.

- 2001 (6 septembre) : F1 à Lafrançaise (82)
Un cas plus commun que ses prédécesseurs. Cette trombe a cependant été étudiée dans un remarquable dossier de 19 pages produit par le responsable du CDM de Montauban, et disponible en format PDF sur le net : http://www.meteofrance.com/FR/climat/tmd/82/TrombeCDM82-20010719.pdf
Entre 18 h 30 et 18 h 45, sur un trajet bien délimité, elle a causé des dégâts de type F1, notamment dans une ferme qui a perdu une grande partie de son poulailler. Toitures partiellement endommagées, arbres déracinés... La trombe avait une couleur "laiteuse" et on a estimé sa vitesse de déplacement à environ 20 km/h.

- 2005 (15 mai) : F1/F2 à Saint Germain de Marencennes (17)
C'est un cas qui a été bien documenté par Obéron sur son forum, notamment sur le plan de l'analyse de la situation météo (voir http://www.chasefever.com/forum.html ). Cette trombe a touché l'est du village au tout début de l'après-midi : toitures entièrement ou partiellement détruites, divers objets projetés à distance, abris de jardin arrachés...
Tout comme celui de Lafrançaise, ce cas aurait pu rester lui aussi "banal" et ne pas figurer ici, si Obéron n'en avait pas fait un dossier si complet, et si des témoins résidant à quelques kms de là n'en avaient pas pris des clichés parmi les plus beaux qui soient en France (v Photos et vidéos plus bas).

- 2007 (1er janvier) : outbreak dans le centre ouest (Morbihan, Vendée, Vienne, Charente, Haute Vienne)
Ce premier janvier, une ligne de grains très virulente avec vents violents traverse les zones du centre ouest français en milieu d'après-midi vers 16 h - 17 h. Même dans les terres, on enregistre souvent des valeurs supérieures aux 100 km/h en rafales.
5 ou 6 tornades au moins en profitent pour se glisser dans la masse : on aurait observé un certain nombre de petites trombes en Vendée (décrites dans le journal) + un cas possible à Chantonnay + 1 tornade avérée dans la Vienne à Couhé... Un autre cas à Vannes (Morbihan) et, découvertes plus tardivement, un cas sérieux à Lachaise en Charente et un dernier à Limoges (Haute Vienne). On a donc fort probablement au moins 6 cas de tornades simultanées si on inclut les petites trombes observées, ce qui fait de cet évènement un épisode tornadique voire un outbreak d'intensité modérée (F2 maximum).

- 2007 (12 février) : F2 à Soulosse St Elophe
Cette très forte F2 a causé d'impressionnants dégâts à Soulosse près de Neufchâteau dans le 88. Des maisons ont eu leur toiture et leur murs quasiment intégralement arrachés et on dénombre 8 blessés, parmi lesquels 2 personnes ont du être hospitalisées.
Le plus violent à notre connaissance de ces récentes années, ce cas a en outre été remarquablement documenté, grâce notamment à un exceptionnel film vidéo qui en a été tourné depuis Neufchâteau (lien prévu dans le chapitre suivant).



Et enfin je voudrais terminer avec ce cas d'orage extrêmement catastrophique, où la présence de tornades est évoquée sans que l'on puisse pour l'instant en être sûr :

- 1984 (11 juillet) : en début de soirée, les Vosges sont très violemment frappées par des orages à grêle ainsi qu'un coup de vent qui a laissé des traces sur 10 000 km2 de forêts et sinistré 80 communes. Jean Dessens analyse ce cas comme étant un coup de vent de grain et non une tornade. Néanmoins des témoignages ultérieurs font état de tornades et la question revient régulièrement sur le tapis.


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MessageSujet: Re: Tornades en France   Mer 25 Oct 2006, 16:16

IX PHOTOS ET VIDEOS DE TORNADES, TUBAS ET TROMBES MARINES EN FRANCE




Oui, on ne le sait pas toujours mais il y a des photos et même des vidéos de tornades françaises ! Ces documents visuels restent malheureusement encore rares et peu diffusés, aussi j'ai eu l'idée de rassembler ci-dessous quelques uns de ceux dont nous disposons Remy et moi.
A noter que depuis la rentrée 2007 Kéraunos a créé une galerie regroupant, cette fois-ci de manière la plus ouverte et exhaustive possible, toutes les photos de trombes terrestres, trombes marines et tubas en France : http://keraunos.forumpro.fr/gallery/Tornades-trombes-marines-et-tubas-francais/Tornades-trombes-marines-et-tubas-francais-cat_c4.html




A) Trombes terrestres



Photo 1 : trombe survenue à Evreux (Eure) le 4 mai 1961, classée F3
Un cas déjà bien connu et une photo remarquable à plus d'un titre. On y remarque notamment la différence de clarté du ciel entre la gauche et la droite du cliché. On notera également le double vortex, une caractéristique qui à ma connaissance ne figure sur aucune autre photo de tornade française (v. chapitre Sélection de cas plus haut) - cliché M. Pelassy.






Photo 2 : trombe survenue à Saint Germain de Marencennes (Charente Maritime) le 15 mai 2005 classée F2 ou F1 selon les sources
La photo a été prise à environ 1 km 500-2 km de la trombe (v. chapitre Sélection de cas plus haut) - Cliché Gérard Coudreau.






Photo 3 : trombe survenue à Aillant sur Tholon (Yonne) le 19 octobre 2006, classée F1
On hésite encore sur le classement. Il s'agit là encore d'une récente photo prise sur le vif, lesquelles vont certainement se multiplier dans les années à venir grâce aux NT. Comme celui d'Evreux, ce cliché est intéressant car il montre bien la structure nuageuse qui a donné naissance à la trombe. On remarquera également un deuxième tuba sur la gauche - Auteur du cliché inconnu (photo parue dans un journal).






Photo 4 : trombe survenue à Villasavary ou Bram (Aude) le 15 mai 1999, classée F2
De multiples photos et même une vidéo ont été prises de cette trombe qui a causé des dégâts conséquents (serres détruites...) dans la commune de Villsavary près de Castelnaudary. Une objection émise sur un forum évoque d'ailleurs plutôt le village de Bram situé à proximité.
A noter que la vidéo a été diffusée à l'émission E=M6 en 2000 (je n'en possède malheureusement pas le lien). - Cliché Robert Dès.






Photo 5 : trombe survenue à Mourmelon le Grand (Marne) le 10 décembre 2000, classée F1
Cette tornade a fait l'objet d'une étude approfondie dans le numéro 44 de La Météorologie de février 2004, dans le cadre d'un dossier sur les tornades de saison froide. Je crois qu'il existe une autre photo. - Cliché J. Gabriel






Vidéo 1 : trombe capturée vers Tour-sur-Marne (Marne) le 13 ou le 21 juillet 2006
Vidéo d'une petite tornade, filmée assez longtemps depuis une voiture. Le vortex n'est pas visible sur toute sa longueur, mais on repère bien le buisson de débris.

http://tornadeseurope.over-blog.com/article-3358213.html


Vidéo 2 : trombe capturé à Villennes sur Seine le 29 Aout 2006 (Yvelines) à 13h00.
Vidéo prise avec un portable, à Villennes près d'Orgeval. Le tuba aurait momentanément touché le sol ou peut-être l'eau de la Seine, avec des vents estimés à 80 km/h environ.

http://www.infoclimat.fr/multimedia/videolive.php?&id=187


Vidéo 3 : capture vidéo de la trombe d'Aillant/Tholon par de jeunes témoins le 19 octobre 2006 (voir photo et commentaires plus haut)
http://www.youtube.com/watch?v=9o1XedE9Lyo




B) Tubas



Photo 6 : tuba/tornade au-dessus d'Auch (Gers)
[Compléments d'information à venir] - Cliché Pierre Paul Feyte.






Photo 7 : tuba/tornade à St Maximin à Ste Baume (Var) le 28 juillet 2006
Tuba ou tornade selon les sources. Quoi qu'il en soit, un beau morceau ! - cliché Rukia Saber






Photo 8 : un tuba menaçant photographié à très proche distance.
- Lieu, date et auteur du cliché inconnus.






Photo 9 : tuba photographié à la Pointe des Baleines (Charente Maritime) le 29 juin 2005
"Orages et fortes averses ce matin, observation d'une durée de 10 minutes environ" (commentaire Marc Rauch sur Photolive, Infoclimat). Tuba photographié à 13 h 02 - Cliché Marc Rauch







C) Trombes marines



Photo 10 : trombe marine photographiée le 11 août 2006 au large de Bastia (Corse)
- cliché Doumé (publié dans la rubrique Photolive du site Infoclimat)



Dernière édition par Nico 17/69 le Jeu 27 Déc 2007, 15:44, édité 79 fois
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MessageSujet: Re: Tornades en France   Mer 25 Oct 2006, 16:18

X LA FRANCE A L'ECHELLE EUROPEENNE
Quelques réflexions et interrogations : répartition géographique à l'échelle de l'Europe





Maintenant que j’ai passé en revue tous les paramètres qui pourraient caractériser les tornades en France, il est temps à présent de prendre du recul et envisager la chose à l’échelle européenne et mondiale.



1) Répartition géographique

Si je n'ai pas fait de recherches européennes au sens vraiment abouti du terme, j'ai pu glaner ça et là de précieuses infos, notamment sur les sites de synthèses et de recensements européens. En fait, mon travail a surtout consisté à rééditer pour d'autres contrées européennes les mêmes calculs de densité aux 10 000 km2 que ceux déjà effectués pour les régions françaises, avec ce même objectif d'appliquer à l'Europe mon principe de l'étude "par zone" de densité et non par Etat ou région.
Voici en gros les perspectives que je crois avoir pressenties :

J'avais déjà soulevé le fait que la zone du NPDC (voire peut-être la Somme, l'Aisne et autres zones avoisinnantes mal connues) ne serait en fait que le prolongement d’une zone beaucoup plus vaste qui engloberait la Belgique voire une bonne partie de l’Allemagne.
D’après un météorologue belge récemment interwiewé à la RTBF, la Belgique subirait environ 6 à 7 tornades estimées par an. Une récente synthèse mise en ligne par l'Institut Royal Météorologique nous donne le nombre de cas survenus dans le pays sur les 26 dernières années : 93 cas sur 26 ans = 3,5 cas significatifs en moyenne par an en Belgique. Ce qui, ramené aux 10 000 km/h donne une moyenne de 1,15 cas significatifs par an. Compte tenu des inévitables facteurs trublions comme la disparité des périodes de références ou les aleas du recensement, on constate que la moyenne du NPDC (1 cas tous les 10-11 mois) et celle de la zone charentaise (1 cas tous les 7-8 mois) sont en gros du même tonneau.

L’Allemagne (réunifiée) subit environ 45 trombes significatives annuelles pour 357 000 km2 (sur les dernières années), ce qui revient à 1,25 trombe/an aux 10 000 km2 donc là encore à peu près la même moyenne. Je suppose les études menées en Allemagne très complètes, étant donné la présence de nombreux sites spécialisés et la collaboration étroite avec Estofex.
A noter que pour l'Allemagne, ces chiffres sont des moyennes concernent un Etat beaucoup plus grand, et à ce titre on peut supposer des zones locales encore plus touchées que le trio NPDC-Charentes-Belgique, à un stade qui en serait certainement préoccupant si le fait était avéré. Ceci dit, cette dernière hypothèse est passablement tempérée par le fait que les cas sont répartis de façon très homogène sur le territoire allemand, même sur les cartes annuelles. Si différences locales il y a, elles pourraient en réalité ne pas être très importantes.
A noter aussi que l'excellent travail des recenseurs allemands relativise légèrement mes propos comparatifs. On ne peut en effet que souligner l'efficacité des observateurs de terrain, très organisés en Allemagne, grâce auxquels la proportion de F0 enregistrées est relativement importante.
Malgré tout, et même en écartant ma précédente hypothèse, on peut supposer une large zone propice européenne qui concernerait une grosse portion nord de l'Allemagne, la Belgique et le NPDC français (probablement aussi la Pologne et la Russie).

On sait via les photos et les reportages de ces dernières années que l'Espagne, l'Angleterre et l'Italie paient également leur tribut annuel, notamment la région de Barcelone (qui a subi un terrible outbreak en 2005) et la plaine du Pô. Avec l'aide de Remy je me suis penché récemment sur l'Espagne : contre toute attente, le taux de fréquence s'y révèle équivalent à celui de la France voire inférieur, mais on y constate la présence de zones elles aussi probablement parmi les plus à risques d'Europe (Catalogne/Baléares, plateau central de Castille...). A noter que le plateau castillan est quasi désert, ce qui suppose des lacunes énormes de recensement. Si on ajoute que la position géographique particulière de l'Espagne suppose une climatologie également particulière des orages, avec la présence d'une véritable ligne sèche européenne, on réalise à quel point nos tornades européennes méritent qu'on se penche dessus.
Bon je ne peux -une fois de plus- rien affirmer en matière de chiffres, et ce qui va suivre reste à vérifier.

Pour l’instant on pourrait donc retrouver le même taux d’occurrence (1 à 2 tornades significatives et 4 à 6 tornades estimées par an aux 10 000 km2) sur toutes les zones sensibles suivantes : plaines allemandes, Belgique, NPDC, zone charentaise (calculs déjà faits), Catalogne-Baléares et autres régions espagnoles, plaine du Pô, Sud de l'angleterre (pour lesquels des pré-calculs me permettent de supposer à peu près le même taux), sachant bien sûr que la liste n'est pas exhaustive... A-t-on là affaire au maximum européen (de l'Ouest) qu’on retrouverait dans l’ensemble des différentes zones les plus touchées ? On peut en douter bien sûr, mais au cours de mes calculs, j'ai vraiment eu l'impression d'avoir affaire à une sorte de plafond tant je me retrouvais à chaque fois avec le même résultat à peu de choses près.
Si d'aventure il existait une région européenne dont le taux se situe au-dessus de ce plafond supposé, où la trouverait-on alors ? Outre mes suppositions allemandes il faudrait peut-être la chercher en Europe de l'Est, où on a d'immenses zones très plates et dont l'histoire climatologique nous est encore bien mal connue, notamment pour toutes les zones ayant fait partie de l'ancien bloc de l'Est sous domination soviétique, médiatiquement opaque. Ou alors sur le plateau castillan, vaste zone désertique à la climatologie orageuse particulière dont je parlais plus haut...
Si on résume toutes ces constatations, à l’échelle européenne tout comme à l’échelle française, je suppose en tout cas qu'on ne puisse plus parler d’Etats plus ou moins touchés, mais de zones géographico-climatiques étendues ou localisées, parsemées sur tout le continent. Ainsi l’une d’entre elles serait suffisamment vaste pour englober de vastes portions d'Etats, et d’autres n’existeraient qu’à l’échelle régionale voire à des échelles plus locales encore. Ce sont ces dernières, à mon avis, qu'il ne faudrait pas négliger.
Car bien sûr, tous ces chiffres annuels aux 10 000 km2 correspondent à une réalité climatique, et à un certain risque qui, s'il est localisé à chaque fois, n'en provoque pas moins des catastrophes au bilan local souvent très lourd. C'est la justification même d'un tel chapitre et de tels calculs.
A ce titre on ne devrait plus ignorer ces régions qui subissent des tornades tous les ans, sinistres qui souvent bouleversent en profondeur la vie des gens qui les subissent. Et j'aimerais qu'un jour, à l'instar de ce qui s'est fait pour les USA, on puisse établir une carte d'Europe par zone climatique de concentration des trombes.




2) Conditions climatiques à l’échelle européenne

Pour ces dernières, là encore je préfère ne pas trop m’étendre faute de connaissances suffisantes. ça devient frustrant de toujours avoir à dire ça ! Laughing
Mes travaux se basent essentiellement sur le résultat des recherches européennes récentes de Remy Madureira, ainsi que sur l'étude de Jean Dessens, et je me contente simplement d’étendre à l’Europe de l’Ouest ma « théorie » des différents facteurs de différenciation, exprimée dans le chapitre Répartition géographique : généralités. De ce fait, je vous renvoie également au chapitre VII de ce dossier (Caractéristiques des tornades en France, paragraphe Répartition annuelle et situations météo-types), où je résume les situations météorologiques mises en évidence par JD pour la France.
Les situations synoptiques responsables des orages violents en Europe de l'Ouest et en Angleterre ont été étudiées par Judlam et Carlson en 1967, qui les ont comparées aux situations qui donnent des orages violents aux USA. Ludlam aurait résumé et développé cette discussion (1980 : en particulier p 244-246, 288-289 et 297-298).
A noter également que la situation des 24/25 juin 1967 (NPDC, Belgique et Pays-Bas) et celle du 20 septembre 1982 (Ardennes françaises et belges) ont été étudiées de manière approfondie par Jean Dessens (Les Trombes en France, p 12-19).



3) Conclusion et références

A l'échelle européenne, l'ESSL (European Severe Storm Laboratory) poursuit un objectif d'étude et de prévention via son site Estofex, avec ses prévisions orageuses et sa base de données des évènements orageux violents. Il serait bien sûr très intéressant d'étudier de près pour chaque pays européen les procédures de sécurité, les systèmes de vigilance et surtout les systèmes d'alertes locales en temps réel en cas de vague orageuse violente (très développés aux USA), les procédures de coopération et de communication entre les organismes météorologiques officiels et la Sécurité Civile, les médias...
En France, malgré la mise en place d'une carte de vigilance depuis 99, le système à mon avis demeure bien insuffisant en ce qui concerne les évènements violents orageux, microrafales ou tornades. Et j'ai du mal à accepter la mise en avant du critère de l'étendue géographique des catastrophes comme justification de la négligence pour les catastrophes orageuses locales.
Peut-être un maillage européen plus présent pourrait-il faire évoluer les choses ?...

Pour une liste de références internet comprenant des listes de cas recensés, voir http://forums.infoclimat.fr/index.php?showtopic=16831&st=0
(tornades dans le monde, en Europe, aux USA).


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MessageSujet: Re: Tornades en France   Mar 21 Nov 2006, 13:22

XI LA FRANCE ET L'EUROPE PAR RAPPORT AUX USA


Dans le même ordre d'idée que le chapitre précédent, je vous fais part ici de quelques découvertes proprement stupéfiantes en matière de statistiques. Ou comment faire la chasse aux idées reçues par de simples calculs :


A) La France et les USA en chiffres de fréquence, ou la surprise MAJEURE de mes recherches


Les USA subissent en moyenne 1150 tornades annuelles, pour 9 364 000 km2. Ce qui représente 1,2 cas de tornade aux 10 000 km2.
Première surprise, cette simple règle de 3 m'amène donc à un chiffre pratiquement équivalent à ce que j'ai découvert pour la Belgique et les autres régions européennes les plus touchées. Bien sûr, il s'agit là de l'ensemble des USA, régions de l'Ouest comprises. Mais cela semble confirmer au moins ce que je supposais déjà, à savoir que les régions de l'Ouest américain sont dans l'ensemble moins touchées que les régions européennes les plus à risques (puisque la moyenne totale est équivalente). D'où l'intérêt de vraiment relativiser quand on parle des différents pays...
Maintenant prenons l'un des Etats les plus touchés à surface égale par les tornades aux USA, l'Oklahoma : nous avons 47 tornades en moyenne chaque année dans cet Etat qui s'étend sur 181 196 km2. Ce qui nous donne 2,5 cas environ aux 10 000 km2 (6,5 cas aux 10 000 square miles) pour les seules tornades significatives. Supposons ici que les facteurs climatiques autorisent les mêmes rapports entre chiffres estimés et chiffres significatifs que pour la France (ce qui n'est pas forcément évident) : le chiffre total toutes intensités confondues serait alors grosso modo de 7,5 tornades annuelles aux 10 000 km/h.
Pour en revenir au chiffre précédent des cas significatifs, on constatera qu'il reste bien loin du rapport 1-15 qu'on suppose habituellement quand on compare France et Middlewest. Certes, la climatologie, notamment l'intensité, est radicalement différente dans les plaines américaines (v. plus bas), mais si on se cantonne à la simple fréquence aux 10 000 km2 le rapport entre l'OK et les régions européennes les plus touchées serait d'environ 1 à 2 (multiplié par 2 et non par 15). Si mes calculs sont justes, et sans oublier les nombreux aspects non connus de moi qui pourraient éventuellement contredire, les rapports entre régions européennes les moins touchées et les plus touchées pourraient alors se révéler bien plus importants que les rapports entre Europe et USA ! Shocked
On l'aura compris : il ne s'agit pas ici, encore une fois, de pinailler sur des chiffres, mais 1) de mettre en avant une réalité européenne qu'on connaît décidément bien mal, à quelques régions bien protégées près, et 2) de reconsidérer complètement les rapports de fréquence entre zones climatiques à l'échelle mondiale.

Carte 15 : répartition des tornades à l'année dans les différents Etats





Après avoir eu du mal à croire mes propres chiffres, une conversation avec Remy m'amène désormais à les considérer comme crédibles : selon lui Jean Dessens aurait soupçonné voire confirmé de tels rapports de fréquence entre l'Europe et les USA. Histoire d'enfoncer le clou, je rappellerai à présent les années où des régions françaises avoisinnant les 10 000 km2 ont pu subir 3-4 trombes terrestres destructrices, comme le NPDC en 00, 01, 04 ou la zone charentaise en 97, 98, 99, 02, 04, 05 : sous l'éclairage de toutes ces dernières données, on découvre alors avec stupeur que durant ces années-là dans ces deux régions françaises, les taux de densité ont été supérieurs à la moyenne de l'Oklahoma !! Shocked Shocked Bien sûr il ne faut surtout pas oublier que ce sont des périodes courtes, exceptionnelles, et en cela non représentatives de la densité normale dans ces régions. Mais je cite ces exemples pour bien montrer une fois de plus la nécessité de relativiser et casser les idées reçues :
Soyons clairs, il faut vraiment arrêter de dire qu'en Europe les tornades sont très rares. C'est faux. Tout au plus est-ce valable pour certaines régions dont il resterait à déterminer les contours exacts (zones montagneuses...). Mais dans le reste de l'Europe et particulièrement dans ses zones les plus touchées, la réalité est toute autre. Si j'en crois ces chiffres, en terme de fréquence la réalité du 62 ou du 17 serait donc nettement plus proche de celle du Kansas que de celle de l'Aveyron.

Alors évidemment face à de tels chiffres, il est nécessaire de mettre un peu d'ordre dans tout ça et j'expose ici quelques pistes d'interrogation qui permettront d'y voir un peu plus clair, dans le sens de la relativisation comme dans celui de la confirmation :

1) Avant tout, je m'interroge sur les critères qui ont amené aux chiffres cités dans ma source américaine : en effet ces derniers englobaient-ils bien toutes les tornades significatives (destructrices) comme je l'ai moi-même fait pour mes propres chiffres ? Ou alors ne concernaient-ils qu'une portion encore plus restreinte des cas (par exemple les seules F2 et +) ? Si tel était le cas, évidemment la donne en serait totalement changée... Mais a priori, l'intitulé de la légende ("reported tornadoes") me fait pencher pour la première hypothèse.

2) Et puis surtout un autre aspect (essentiel !) à ne pas oublier, dont je parlais déjà plus haut : la différence ne se joue pas uniquement sur les occurrences, mais aussi bien sûr sur l'intensité des cas qui surviennent là-bas, ainsi que la nature et les dimensions des orages qui leur donnent naissance. Aux USA les tornades font systématiquement des dizaines de décès par an, 3 par an pour l'Oklhahoma (voir sur la carte "average of tornado fatalities"). Un tel taux de mortalité dans des contrées pourtant de loin les mieux lotis en matière de prévention et de système d'alerte en dit déjà plus long qu'un long discours. On pourrait bien sûr gloser sur des éléments relativisants tels que la proportion d'habitats fragiles (mobilhomes....) aux USA, mais la cause essentielle d'un tel taux de trombes meurtrières reste bien sûr leur intensité. Sur l'excellente base de données des cas recensés aux USA http://www.tornadohistoryproject.com/tornadomap.php?yr=1953&mo=11&day=6&st=%25&fu=%25&co=france&l=500&submit=Search&format=basic&p=1&s=1 , quelques exemples de recherches m'ont permis de retrouver systématiquement, par exemple, plusieurs F3 par an et par Etat en général dans le middle West, ce qui est loin d'être le cas en France (même à surface égale). On sait que les conflits brutaux de masses d'air peuvent provoquer dans le Middle West des orages supercellulaires d'une nature et d'une intensité exceptionnelle, à la structure quasi parfaite et mésocyclone généralisé avec queue de castor, et aux dimensions pouvant atteindre des centaines de kms. Chose très rare voire inconnue en Europe. En outre on sait qu'en moyenne nos tornades durent nettement moins longtemps et parcourent moins de distance que leurs consoeurs américaines, ce qui diminue d'autant leurs dégâts. Encore que dans ce dernier domaine, de récentes découvertes sur les tornades en pays de l'Est pourraient là encore venir modifier la donne en termes de comparaison. La nature de nos orages tornadiques et les conditions d'apparition spécifiques des tornades en Europe restent probablement encore à découvrir... (?).
Alors oui, on peut toujours le dire : il y a les tornades américaines et il y a les autres.

3) En revanche, si on sait que les vagues orageuses, derechos et autres supercellules américaines se différencient des épisodes européens par leurs très grandes dimensions, et qu'on y rapporte souvent des dizaines voire des centaines de tornades par vague orageuse, une autre question se pose : lors de ces épisodes, combien a-t-on de tornades destructrices sur une surface donnée de 10 000 km2 (surface d'un département français, et peut-être d'un comté américain) ? Peut-être pas tant que ça... (?).

4) Et enfin, est-il utile de préciser que les USA ont une connaissance et une prévention du phénomène autrement plus pointue et efficace que la nôtre ? Et leurs radars doppler ne laissent rien filer contrairement à ce qui se passe chez nous...



B) Suppositions concernant les zones les plus touchées et éventuelles similitudes avec les aspects climatiques américains

On ne peut à mon avis envisager une véritable étude climatologique des zones les plus touchées sans passer par la comparaison avec le Middle West, référence en la matière.
On peut en effet supposer que les zones européennes "à risques" doivent présenter, à une échelle parfois très locale, les mêmes caractéristiques tout en restant soumis au climat général européen. Il en est très probablement ainsi pour l'Espagne et notamment les plateaux castillans pour lesquels j'avais déjà évoqué une possible ligne sèche, point de rencontre entre les masses d'air chaudes et sèches sahariennes et les masses d'air fraîches et humides venues de l'Atlantique. En France aussi on peut supposer ce genre d'affrontement : en Charente Maritime et centre Ouest, dont la position géographique favoriserait là encore des conflits de masses d'air chaud/humide et froid/sec avec propension aux cisaillements directionnels, le tout associé à un paysage plat (v chapitre IV, partie 1). Et en Languedoc Roussillon, où on a également comparé au climat centre-américain les conflits locaux des masses d’air froid sec de NW et du flux chaud et humide en provenance de la mer (D Escarguel dans un dossier Infoclimat). En NPDC très probablement aussi.
Une remarque : les tornades d'hiver à la climatologie particulière concernent de nombreuses zones européennes, notamment l'Angleterre et les régions littorales. En Charente Maritime, le cumul de ces tornades hivernales avec la climatologie estivale favorable évoquée plus haut pourrait expliquer la fréquence particulièrement élevée des cas dans cette région (??).
Tout ceci dit, il ne faut pas oublier cependant que la petitesse de ces zones (vite limitées par les reliefs voisins) et les conditions climatiques européennes en général réduisent évidemment le risque dans ces zones. On m'aura donc compris, il ne s'agit pas de mettre ceci sur le même plan que les plaines américaines, véritables océans solides à perte de vue, arènes géantes pour affrontements titanesques entre masses d'air.
On remarque également que dans les zones françaises déjà mises en évidence par Jean Dessens, les zones qui apparaissent pour l'instant les plus touchées sont celles qui ont un littoral ou qui en sont proches : Charente Maritime, Hérault, NPDC, peut-être aussi la Gironde...
Mais vous allez me dire, alors pourquoi pas la Bretagne et les régions du littoral atlantique au nord du 17 (Vendée, Loire Atlantique) ?
D'une part, ces régions n'ont probablement pas été étudiées à leur juste importance, et d'autre part, on l'a vu, des réponses peuvent être également apportées par la géologie.
On peut également se demander pourquoi alors les plaines du Middlewest sont-elles si durement frappées, alors qu'elles ne sont pas au bord de la mer. Tout simplement parce qu'il s'agit ici de climat général, beaucoup plus rude aux USA avec ces conflits frontaux entre l'air polaire sec et l'air tropical humide, qui n'ont manifestement pas besoin de facteurs locaux pour provoquer des tornades. Alors que dans toutes ces microzones françaises, le climat français général demeure le chef d'orchestre incontesté.


De toutes façons, je rappelle qu'ici et dans les paragraphes précédents, je me perds en conjectures sans avoir les moyens d'affirmer quoi que ce soit, et n'oserais jamais aller plus loin dans mes interrogations. Simplement, j'ai choisi délibérément de ne pas me censurer, et proposer mes réflexions/interrogations aux personnes compétentes qui liront ces lignes.


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MessageSujet: Re: Tornades en France   Ven 22 Juin 2007, 12:08

XII LA CONNAISSANCE DES TORNADES EN FRANCE
Une particularité française ?





Ici je ne livre évidemment que mes impressions, liées à ce que j'ai pu expérimenter tout au long de ces recherches.
Mais je n'irai pas par quatre chemins pour exprimer ce ressenti. La connaissance des tornades dans notre beau pays me paraît en effet relever de la schizophrénie : nous avons d'un côté une connaissance réelle de la chose dans certains milieux précis, et de l'autre une perception complètement décalée par les gens et les médias, à la limite du déni. En passant de l'un à l'autre (notamment lorsque je revenais de vacances pour retrouver le milieu des amateurs de météo), j'ai eu souvent l'impression de changer de planète, et les milieux les plus informés n'étaient pas forcément ceux que l'on croit.




1) La connaissance ancienne en France

Si j'en crois les différents articles de journaux anciens dont j'ai pu avoir la copie (tornades déjà recensées sur les Charentes par J Dessens et F Paul), ce phénomène d'ignorance semble être récent. En effet, dans la première partie du XXème siècle, au XIXème siècle et aux époques plus anciennes, les tornades étaient davantage connues, admises dans le paysage météorologique français voire étudiées.

Il semblerait qu'au Moyen Age et à la Renaissance, les trombes soient assimilées à des sortes de dragons dans des descriptions parfois très pittoresques, telles celle d'une trombe marine ayant frappé les terres à Talmont/Gironde (17) en 1616. La métaphore aurait été longtemps en usage chez les marins, qui avaient coutume de tirer au canon sur les trombes marines pour tenter de les désintégrer.
Au XIXème siècle avec les premières recherches scientifiques, une étude de plus de 300 pages, intitulée "Trombes et cyclones", a été produite en 1879 par Surcher et Marcollé (disponible en PDF sur Gallica). Le père de Flaubert qui était chirurgien nous a décrit en termes saisissants la trombe F5 de Montville en 1845. Jules Verne, Victor Hugo... ont décrit le phénomène dans des témoignages ou des oeuvres de fiction (la trombe qui frappe le mont Snaefell au moment où les héros de Voyage au centre de la Terre s'apprêtent à pénétrer à l'intérieur...).
L'iconographie elle aussi nous montre bien la présence et le ressenti du phénomène à cette époque, tel ce tableau de Gustave Courbet représentant des trombes marines : http://web.ncf.ca/ek867/coourbet.waterspout.jpg (Waterspout-Gustave Courbet-1866 )
Un certain nombre de gravures anciennes représentent également des trombes, oeuvres imaginaires ou représentations de cas réellement survenus, souvent frappantes de réalisme dans le détail tels l'exemple figurant en tête de mon étude (voir Introduction) et les deux exemples ci-dessous :



Trombe dans la campagne. On notera la présence du rideau de précipitations juste derrière la trombe - XXème siècle (origine inconnue)



Trombes marines ; paru dans l'ouvrage "Le temps qu'il fait en Poitou-Charentes-Vendée" (gravure en provenance d'une collection privée locale) - Le Magasin Pittoresque, 1842



Il semble que la situation ait commencé à changer à partir du milieu du XXème siècle. Déjà à cette époque commence à apparaître la fameuse appellation "minitornade" dans la presse (années 70 ? années 80 ?).
Quelle que soit la région, au cours du XXème siècle notre époque et nos modes de vie nous coupent progressivement de notre environnement naturel et les gens se préoccupent de moins en moins de la météo qui reste cantonnée aux loisirs ou sorties du dimanche.... On constate alors un éloignement progressif de la société française non-scientifique avec la connaissance du phénomène tornadique, en même temps que celle des phénomènes météorologiques en général.
Un autre facteur a pu lui aussi jouer un rôle dans la dilution des connaissances météo populaires : l'élargissement conséquent du rayon de déplacements des gens, qui déménagent et se fixent beaucoup plus fréquemment hors de chez eux, au gré des mutations professionnelles et autres aleas de la vie. Ces migrations entraînent davantage de méconnaissance du climat à la fois des régions d'origine et d'adoption, les gens n'ayant plus le temps de l'expérimenter.

Mais ces raisons sont-elles vraiment les seules ? Au point où les choses en sont arrivées, j'en doute fort. Voici le constat rapidement résumé que je me suis fait suite à mes recherches :




2) La connaissance actuelle : où connaît-on le phénomène ?

- Dans les milieux scientifiques français où cette connaissance se base sur les études de Jean Dessens et François Paul. Elle concerne les articles scientifiques publiés et la plupart des écrits divers (notamment sur le net) portant sur le thème des tornades en France. Une connaissance qui reste donc confidentielle, limitée à certains milieux professionnels de la météo (MF...) et aux amateurs qui s'y intéressent, et qui surtout est devenue partiellement obsolète.
- Peut-être aussi les professionnels des assurances, les pompiers, les personnes travaillant dans des services liés à la Sécurité Civile, certains départements des Préfectures ou autres professions plus ou moins concernées ont-elles aussi une connaissance particulière du phénomène... ?
- Et puis enfin, de par mes propres constatations, je peux supposer une connaissance empirique par les gens du cru au moins dans les régions les plus touchées. Dans la zone charentaise, les gens que j'ai interrogé semblent connaître les tornades comme faisant partie intégrante des phénomènes orageux à craindre dans la région, telle cette employée d'une bibliothèque qui me disait au téléphone "Oui, on en a". Ou ce journaliste en 89, qui parlant d'une tornade à La Rochelle évoquait un "phénomène connu, bien que relativement rare". Précisons que la définition précise du terme est donnée en préalable à toute conversation avec mes témoins. La tornade serait donc vue comme une sorte de phénomène "outsider", moins courant que les autres bien sûr (foudre, grêle, vent...) surtout à l'échelle de la commune, mais qui ferait quand même "partie du paysage". On la retrouverait également dans la mythologie (incarnations du Diable) et le vocabulaire vieux-saintongeais. Ceci dit, je ne cerne pas encore bien le degré réel de connaissance du phénomène dans la région et je me doute bien qu'il n'est pas généralisé non plus (notamment du fait de l'absence totale d'information médiatique, et du caractère marginal des connaissances météo). Il doit s'agir ici d'une connaissance "de terroir", ne dépassant guère les cercles familiaux bien enracinés et certains milieux professionnels de plein air (agriculteurs, marins...). Mais néanmoins il semble qu'un certain seuil de fréquence finisse par amener une connaissance locale dans les zones les plus touchées, où en général les gens au minimum connaissent "quelqu'un qui...".
Etant certain que cette réalité doit être similaire dans les autres zones à risque, en France et en Europe, j'aimerais beaucoup étudier notamment les mythologies locales en NPDC, et le vécu du phénomène des gens enracinés dans cette contrée.




3) Ignorance ou déni ?

En dehors de ces quelques milieux précis, on constate en France d'une manière générale une ignorance du phénomène que j'estime anormale, même en tenant compte du caractère "marginal" de ce domaine de connaissances. Selon moi, plusieurs facteurs pourraient se partager la responsabilité du fait :
- La rareté effective des tornades dans certaines régions de France.
- La nature spécifique de nos tornades : le phénomène est à la fois très bref et très localisé, et beaucoup passent carrément inaperçues. Les autres peuvent être confondues avec de brusques bourrasques par leurs victimes qui, restées chez elles, ne les auront donc pas vues.
- Quand la tornade est suffisamment puissante et durable pour être vue directement, elle est alors considérée comme un évènement "exceptionnel", "jamais vu dans la région" etc. (perceptions généreusement favorisées en cela par les journalistes). Ce qui bien entendu "bloque" toute évolution de la perception de la réalité.
- Pire encore, cette méconnaissance diu phénomène par les gens amplifie elle-même ses propres conséquences : en effet les gens ignorants ne vont pas par exemple identifier le caractère tornadique d'un couloir de dégâts, alors qu'ils peuvent spontanément penser à la foudre comme cause possible d'un incendie. Et quand ils "vivent" le passage d'une tornade sur leur foyer, n'ont pas ensuite le réflexe de sortir pour la voir, comme l'aurait fait un Américain. La victime va donc parler d'une "bourrasque" ou d'un "coup de vent" aux journalistes, qui eux-même vont reprendre ces mêmes termes dans leur papier, entraînant le flou artistique des articles qui lui-même va entraver le recensement, et donc la connaissance des tornades en France etc...
- La presse quotidienne et généraliste contribue en effet à amplifier et consacrer cette méconnaissance du phénomène par la répétition des idées reçues citées plus haut (caractère exceptionnel, "jamais vu" etc). On peut bien sûr leur reprocher de vouloir justement faire du sensationnel (c'est toujours plus vendeur de parler de phénomène exceptionnel). Mais eux-mêmes ne font-ils pas que transmettre ce que leur disent les témoins souvent indirects (voir plus haut) ? Sans parler des conditions de travail des journalistes et attachés de presse, soumis à des impératifs de rendement, et pas forcément formés.
- Concernant la fameuse expression "minitornade", qui semble n'être là que pour brouilller encore plus les pistes, une attachée de presse m'a récemment révélé qu'elle serait en réalité synonyme de "phénomène venteux non identifié", et non pas de tornade au sens strict... Ceci expliquant les nombreuses confusions de notre part. Il faudrait alors, bien sûr, qu'une même définition en soit admise par tous. Or le problème, c'est que ce n'est justement pas le cas : pour MF (en tout cas le CDM17 qui m'avait répondu à ce sujet), il signifie "petite tornade F0-F1", terme adopté d'après eux pour prévenir d'éventuelles paniques et bien distinguer nos tornades de leurs homologues américaines. Alors ... ?
- Et enfin puisqu'on parle de Météofrance, pour eux le problème reste aussi d'ordre matériel. Les radars ne permettent pas en effet de repérer les tornades et autres phénomènes extrêmement localisés. Les CDM la plupart du temps prennent connaissance des nouveaux cas par... les journaux ! Evidemment dans ces conditions, difficile d'étudier le phénomène dans ses manifestations en temps réel ni de se pencher sur la nature et le comportement des orages qui leur donnent naissance, faute de matériels adéquats et d'observations sur le terrain. Sans oublier, bien sûr, que le phénomène ne fait pas l'objet des mêmes priorités, en matière de Sécurité Civile, que les grandes tempêtes, inondations ou incendies de forêt, aux dégâts à la fois lourds, réguliers et très étendus. Priorités évidemmment compréhensibles, mais qui entraîne l'absence d'alertes spécifiques et d'information du grand public. Et en ces temps où le réchauffement climatique laisse envisager l'augmentation future des phénomènes extrêmes, on peut être en droit de se poser des questions...

Voilà donc quelques uns des facteurs dont je pense qu'ils pourraient fournir un début d'explications... Mais-delà des causes involontaires humaines ou naturelles, n'existerait-il pas aussi une véritable volonté de dénégation ? J'arrive des fois à me poser la question...[size=12][/size


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MessageSujet: Re: Tornades en France   Lun 27 Aoû 2007, 20:14

XIII LA CONNAISSANCE DES TORNADES EN FRANCE
Tornades et chasseurs en France





Est-il envisageable de chasser la tornade en France, ou tout au moins est-il raisonnable de songer à l'éventualité du phénomène en partant en chasse ?
Bon autant vous le dire tout de suite, il y a deux ans jamais je n'aurais posté un tel sujet, la réponse me paraissant tellement évidente qu'il n'y avait même pas lieu de se poser la question. Maintenant au vu de mes résultats d'enquête, j'en arrive effectivement à me poser cette étonnante question tellement la réalité des tornades en France et en Europe apparaît différente des idées reçues communément véhiculées sur le sujet, y compris chez les passionnés de météo et les chasseurs d'orage.
Alors bien sûr, on se doute que la réponse quelle qu'elle soit ne peut qu'être circonstanciée et relative, très nuancée. Or, en France, un des principaux obstacles à ce genre d'investigation reste l'attitude souvent irrationnelle des passionnés qui balancent sans cesse entre les deux extrêmes, irrationnalité entretenue par les apparences et les effets déformants de la médiatisation : la tâche de celui qui tente d'appréhender la réalité de manière objective n'est pas simple et se résume souvent à raviver les braises de ceux qui disent "qu'on a jamais rien en France" et retenir par les bretelles tous ceux qui parlent de Tornado Alley dès qu'il y a un gros orage quelque part.

A leur décharge, faut reconnaître que dans ce domaine vouloir être rationnel et objectif est très difficile et nécessite de tenir compte de multiples paramètres, que je vais détailler ci-dessous :





A) Les paramètres climatologiques et leur connaissance



1) L'intensité et la longueur des trajets / durée

Le premier des paramètres s'il en est : il est évident qu'intensité et dimensions des phénomènes jouent sur la perception du phénomène en France. Je ne m'étendrai pas sur ces différences climatologiques essentielles et évidentes déjà évoquées, et me contenterai de rappeler, en résumé, que la proportion de très grosses tornades sur le nombre total est beaucoup plus réduite chez nous qu'aux USA (heureusement !), et surtout que leurs trajets sont beaucoup plus courts et leur durée beaucoup plus brève. ça diminue d'autant la probabilité de voir des tornades en cours de chasse.


2) La petitesse des zones concernées par la fréquence des cas

Couplée avec la petitesse en superficie couvertes des vagues orageuses, cette réalité géographico-climatologique française ne facilite pas non plus la tâche. Plus la zone est grande, plus on a de chances où qu'on soit de découvrir quelque chose. La France est un pays extrêmement compartimenté. Il suffit que le trajet de la vague orageuse passe 100 km plus au nord ou au sud pour que la zone propice ne soit plus concernée. Ce qui évidemment a moins de chances d'arriver si la zone en question fait 500 km de large.
A noter qu'en France parmi les zones les plus touchées, la plus grande reste le NPDC (qui se prolonge en outre en Belgique et jusqu'en Allemagne).


3) La répartition de la fréquence
Le caractère éclaté de cette dernière sur l'ensemble de la France ne facilite pas non plus les choses. Dans une grosse moitié sud du pays, les tornades sont assez peu fréquentes voire franchement rares.


4) La répartition saisonnière des tornades et l'importance des tornades d'hiver

On compte 20 % de la totalité des cas recensés en France d'après les travaux de JD (et sans avoir vérifié je pense qu'on a à peu près le même chiffre encore actuellement). Déjà à mon avis, on devrait davantage prendre en compte les orages et tornades d'hiver au lieu de toujours considérer qu'en Octobre tout est fini.
Mais sait-on aussi que dans les zones françaises les plus tornadiques, les évts ont lieu pratiquement autant en hiver qu'en été, voire peut-être plus ? Là encore, le manque de connaissance de la réalité des tornades en France joue énormément. Saviez-vous que dans le 17 la totalité des plus grosses tornades recensées a eu lieu en hiver, avec une F4 en janvier, des F3 en octobre ou en novembre ? Ces données sont évidemment à relativiser compte tenu des énormes lacunes de recensement de cette région, et déjà un contre-exemple de taille vient de surgir avec cette très probable F3 de Champagne-Mouton en juillet 1983. Mais on peut quand même se dire que les tornades hivernales y sont loin d'être négligeables, et il serait intéressant d'étendre ces stats aux autres zones tornadiques littorales, comme le NPDC ou l'Hérault. Les résultats pourraient vous surprendre...





B) Les paramètres matériels, psycho-culturels et médiatiques



1) Premier paramètre très important : la prévision et le suivi en temps réel en France et en Europe des tornades

D'après Damien49 qui a répondu à mon topic lancé sur le sujet, le manque de radar doppler reste un obstacle majeur en France pour repérer non seulement les tornades, mais aussi les mésocyclones. A titre comparatif, il y aurait quasiment 1 radar doppler tous les 30-50 km dans la Tornado Valley sans compter tous ceux qui sont mobiles. J'ai cru comprendre un jour que MF se serait dotée à son tour de quelques radars doppler (pour mieux étudier certainement les épisodes de fortes précipitations). Mais je n'en ai plus entendu parler par la suite. De toute évidence, ce sont ces mêmes lacunes déjà évoquées dans le chapitre précédent que l'on rencontre ici, obstacle majeur pour des chasses visant à étudier ou recenser les phénomènes orageux.
A l'échelle européenne, même l'ESSL (EUropean Severe Storm Laboratory) et le site Estofex, qui produisent les prévisions les plus ciblées dans le domaine, ne peuvent que se contenter de dire "voilà à tel endroit, la situ météo suscite un risque léger/moyen/fort de tornades." Point barre. Après, on se débrouille. Ce n'est évidemment pas pour critiquer leur travail remarquable, que nous sommes ravis de pouvoir consulter, mais simplement constater que les chasseurs français ne peuvent bénéficier d'aucun suivi, aucune détection au doppler.
Ici, nous sommes coincés dans un cercle vicieux : pas de moyens de suivis et de détection ==> recensement embryonnaire et peu d'études ==> pas de connaissances de la réalité du phénomène et fausses impressions ==> pas de chasses ciblées ==> pas de témoignages probants ==> pas d'intérêt suscité et donc pas de motivations pour se donner les moyens logistiques pour faire de la prévision et du suivi ==> difficultés pour chasser etc...


2) La notion d'alea et la réalité ponctuelle à échelle locale

Dans d'autres dossiers ou d'anciennes versions, en comparant avec la perception de la délinquance souvent hypertrophiée à cause des médias, j'avais parlé d'effet semblable en sens inverse pour les tornades en France. Perception vraiment décalée allant jusqu'à une quasi négation du phénomène.
Mais la réalité, c'est aussi bien sûr que le phénomène même relativement fréquent ne se révèle que rarement aux yeux humains. Et de ce point de vue là du chasseur, je ne suis pas sûr que les régions les plus propices soient forcément plus "intéressantes" en terme de probabilité, quand on cherche vraiment à en voir une sur un court laps de temps en un endroit donné. La probabilité est bien sûr mathématiquement plus grande et -surtout- on peut se dire que des chasses régulières dans ces coins finiraient par faire ressortir un nombre important de tubas ou petites trombes, et voir arriver peut-être plus rapidement les premières photos de trombes puissantes par des chasseurs. Mais ponctuellement l'avantage reste négligeable. On peut ne rien avoir du tout, ou alors apprendre ensuite qu'il y a eu une tornade dans une toute autre région.
Parallèlement à ça, on a tendance à oublier que même aux USA, la certitude n'existe pas non plus. Les chasseurs peuvent y parcourir des centaines de kms sans rien voir, voir des orages sans tornades, apprendre qu'une tornade s'est formée sur le lieu où il étaient alors qu'ils viennent juste d'en repartir, etc etc. Si j'en crois un excellent docu que j'avais vu une fois, la principale qualité requise pour chasser la tornade resterait d'abord et avant tout... la patience.
Or cette notion d'alea (risque = forcément alea et non certitude), avec ses inévitables déconvenues à la clé, contribue souvent au découragement ou autres attitudes irrationnelles. Le refus de l'incertitude reste encore profondément ancrée dans les esprits français (alimentant par ailleurs de régulières polémiques au sujet des prévisions et vigilances) et aurait tendance à entretenir les idées reçues.


3) le développement très récent de la chasse en France et les objectifs des chasseurs

Un facteur non négligeable reste en effet le manque d'ancienneté. En France la chasse à l'orage reste encore jeune et commence seulement à se développer, avec une couverture inégale des régions (alors que la géographie particulière de la France demanderait une couverture beaucoup mieux répartie pour la chasse à visée "scientifique"). Autre conséquence, les chasseurs sont encore souvent seuls et inexpérimentés, sachant bien sûr qu'il reste préférable dans ces conditions de ne pas aborder de front les phénomènes trop dangereux.
Et d'autre part la jeunesse de beaucoup favorise probablement aussi certaines attitudes et points de vue encore irrationnels, mus davantage par la passion et ses corollaires (exaltation, découragements...) que par l'objectivité. Je le vois sans cesse sur les forums, où malheureusement l'absence ou la discrétion des anciens chasseurs ou professionnels de la météo (Alex Hermant...) se fait sentir.
Pour l'instant à ma connaissance, les principales plate-formes autour de la chasse et de l'étude des phénomènes en France restent le Fryzeur, Chasseurs-d'orage.com, ainsi qu'Infoclimat en tant que plaque tournante générale, plus quelques sites ou blogs perso de chasseurs (Flandréclair....) . A présent se sont rajoutés Stormchaseradventure encore méconnu et Kéraunos.
Au sujet de la situation de la chasse en France, voir cette très intéressante discussion : http://flandreclair.niceboard.com/la-traque-d-eclairs-et-de-ciels-orageux-f10/l-avenir-de-notre-activite-t234.htm


3) Les habitudes et les limites matérielles des chasseurs français

Le rôle des habitudes et des a prioris n'est certainement pas négligeable. Vouloir photographier la foudre en priorité, qui amène souvent à la chasse de nuit, limite au maximum tout ce qui relève du visuel hors éclairs. Ces habitudes peuvent être liées à une vision encore erronée de la situation des tornades en France, mais il est notable que les chasseurs français même correctement informés rencontrent des difficultés particulières, dont certaines restent incompressibles selon le mot de Sam49 dont je reproduis la réponse ci-dessous :
"- Le manque de moyens : nous sommes tous des amateurs et il est très difficile de vivre de cette passion. La chasse à l’orage est une pratique très coûteuse avec bien sûr un investissement initial important dans le matériel photo et vidéo mais également des coûts de plus en plus lourds en carburant. La hausse progressive des prix du pétrole pourrait d’ailleurs nuire à terme à l’activité de la chasse à l’orage, avec une réduction probable des distances parcourue. Aux Etats Unis, une partie des chasseurs de tornades sont des professionnels, employés par des institutions ou des chaînes de télévision.
- Le manque de temps : en liaison avec le point évoqué ci-dessus, qui dit amateur dit activité professionnelle parallèle. Il faut donc que l’activité orageuse coïncide avec une période de temps libre ce qui n’est pas toujours compatibles. Les vacances d’été sont bien sûr le meilleur moment mais il faut en contrepartie ne pas avoir de vie de famille à sacrifier.
- Le territoire : la France est un pays qui compte une densité de population bien plus élevé que les grandes plaines américaines et, malgré un réseau routier dense, les axes « circulants » (droits et sans bleds) manquent, surtout si l’on veut quadriller le territoire. Bref, dés que l’on sort des autoroutes et des voies express, le rythme est très fortement ralenti. Aux Etats Unis, ce problème se pose moins puisque là bas, la majorité des routes « de campagne » sont rectilignes et désertes.




C) Conclusion


Précisons-le d'emblée : oui bien sûr, la réalité des tornades est différente de celle des USA à la fois en terme de fréquence (aux 10 000 km2) et en termes d'intensité. Et si cette réalité se rapproche plus qu'on ne le pense de celle des USA, il s'agit de certains coins très précis et uniquement en termes de fréquence. Et quand on sait que les coins en question ne sont pas les plus orageux...
Cependant on a vu que les freins relèvent autant d'une question d'état d'esprit, de nombre, de disponibilité, d'organisation, de moyens logistiques et même de politique que d'une question de réalité climatologique. Certains de ces facteurs restant incontournables.

En règle générale et en rapport avec tout cela je continue à penser que le plus raisonnable pour le chasseur français resterait d'envisager la chasse à l'orage, en considérant la tornade comme une simple "cerise sur le gâteau" possible, surtout dans certaines régions où le risque est supposé faible. Mais sans négliger pour autant cette possibilité, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité (cf mésaventure survenue à Remy et ses compagnons dans le 31 à Lamasquère).
A noter que l'émergence de la chasse à l'orage en France commence à porter ses fruits, avec des "premières photographiques" comme les trois exemples suivants, qui alimenteront des débats et feront certainement à long terme avancer les connaissances...



Cisaillement directionnel, rotation et surtout unique cliché connu d'un stormsplitting en France (séparation de l'orage en deux du fait des vents contraires), photographié par Sam49 vers Aulnay de Saintonge (17) lors d'un orage modéré en avril 2007








Première et unique photo d'une tornade dite "de front de rafales" ou landspout, prise par Damien49 en Maine et Loire (49) le 30 avril 2007







Cliché Sam49 à Melle (79) + animation gif : probable downburst photographié durant la vague orageuse grêligène très active qui traversa les deux Charentes et les Deux Sèvres le 19 juin 2007




Dernière édition par Nico 17/69 le Dim 02 Mar 2008, 10:53, édité 34 fois
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MessageSujet: Re: Tornades en France   Mer 31 Oct 2007, 11:36

XIV CONCLUSION GENERALE
Conclusion et hypothèses, tornades et réchauffement climatique




J'ai bien évidemment du mal à imaginer une conclusion digne de ce nom à ces présentes recherches, qui ne sont en réalité que l'ébauche d'une véritable étude. Néanmoins on a vu apparaitre des constatations et suppositions surprenantes. Et à la lumière progressive de mes résultats, j'ai pu me permettre d'ébaucher des hypothèses notamment sur le plan de la répartition de fréquence (l'un des rares domaines où mon peu de connaissances scientifiques ne m'a pas entravé).

Déjà une notion apparaît certaine. Il y a bien plus de tornades en France et en Europe qu'on ne l'imagine, à tel point que dans une bonne moitié de la France, on ne peut plus désormais les considérer comme des phénomènes exceptionnels, mai sau contraire comme un phénomène régulier, voire relativement "familier" dans les régions les plus touchées.
Mais les chiffres et les cartes ne sont que des données transitoires destinées, comme je le disais déjà dans mon introduction, à être constamment rafraîchies et éventuellement corrigées. On ne peut donc les appréhender de manière précise, à la virgule près, comme on le fait habituellement pour des statistiques. Ici, je reste souvent dans la fourchette de probabilité.... avec des marges d'erreur que j'ai voulues les plus rétrécies possibles.




A ) Climatologie


Concernant la fréquence des évènements, en rapport avec ce qu'il ressort de mes résultats régionaux les plus récents, la vision que j'obtiens diffère un peu de celle communément admise, tout en restant proche.
Pour la première fois, j'ai tenté une carte qui ne photographie pas une réalité chiffrée, mais projette des estimations. Il s'agit simplement de concrétiser visuellement toutes les suppositions et réflexions, déductions... que j'ai pu me faire tout au long de mes recherches, basées sur toutes sortes de faisceaux d'indices.
A noter que cette carte aurait pu figurer en plusieurs versions avec des répartitions différentes. Je vous ai mis ici celle que je pense la plus probable, avec en gros la France divisée en 4 grandes zones :

- En bleu sur la carte : je suppose un socle de base sans freins ni leviers particuliers, "normalité" climatologique de la France (?) pour cette grosse portion Nord Ouest avec 1 cas tous les 2 à 5 ans environ. Certaines de ces régions sont déjà étudiées, d'autres ne le sont pas encore mais je les suppose à peu près au même régime. Jean Dessens avait bien sûr déjà identifié le couloir NW mais mes résultats m'autorisent à y inclure d'autres régions comme la Bretagne ou la Normandie.
- En vert sur la carte : une grosse moitié sud et Nord Est avec une rareté effective du phénomène, régions que je suppose protégées par des "freins" locaux, notamment le relief qui constitue un véritable bouclier (flagrant pour la Corse et les régions de haute montagne).
- En jaune sur la carte : quelques zones dont la fréquence semble avoisiner 1 cas tous les 1 à 2 ans. Toutes incluses dans la première zone en bleu excepté le littoral héraultais, elles peuvent correspondre à la présence d'un ou deux facteurs locaux favorisants, géographiques voire climatologiques (géologie...). Pour l'ensemble Vendée-Deux Sèvres-Vienne ainsi que la Gironde, la mise en jaune est lié à l'influence possible d'un facteur climatologique local.
- En orange sur la carte : deux zones précises touchées 1 à 2 fois par an en moyenne. Des études locales autorisent l'hypothèse d'un véritable faisceau de facteurs favorisants pour la zone charentaise et je remarque que le secteur lillois bien que très peuplé reste le plus plat de la Région. Peut-être une étude approfondie fera-t-elle ressortir d'autres régions de ce type ? (je pense en particulier à certaines zones bourguignonnes ou aux régions proches du NPDC, encore très mal connues)
Deux remarques enfin :
- Pour les zones en jaune et orange (celles de la carte et celles qui pourraient se révéler par la suite), je pense que le seuil de fréquence devrait amener davantage de prise en considération du phénomène dans les dispositifs de prévention, les contrats d'assurance, les normes de construction...
- On remarquera une évidence qui crève les yeux et m'interroge énormément. La partie la moins propice aux tornades correspond peu ou prou... au couloir d'orages français ! On peut toujours imaginer ce que ce serait si la partie sud de la France avait eu la même physionomie que le Nord Ouest.


Carte établie d'après le suivi des années les plus récentes, qu'on peut supposer quasiment exhaustives.





Si comme on a pu le constater tout au long de cette étude, j'ai pu aller relativement loin concernant le taux de fréquence et sa répartition dans l'Hexagone, en revanche en climatologie plus avancée je n'ai pu aller au-delà de quelques pas hésitants. Les références majeures dans le domaine restant l'étude de Jean Dessens et la classification de Franck Roux en tornades de cat A (supercellulaires) et B (non supercellulaires). Les dernières découvertes et observations ont récemment mis en avant ce dernier type de tornades ainsi que les tornades hivernales, en proportion respectable parmi les cas Français et probablement européens (20 % d'après JD).

Remarques sur l'intensité :
A noter que si la fréquence des tornades se révèle beaucoup plus élevée qu'on l'aurait cru, en revanche le taux modeste de très fortes tornades pourrait à la rigueur justifier partiellement le manque de prise en considération du phénomène...
On remarquera que plus les tornades sont rares, et plus la proportion de très grosses tornades sur le total devient importante. Facteur médiatique, ou indice laissant penser que le taux de grosses tornades serait sensiblement le même sur toute la France (à part peut-être les zones en jaune et orange), les freins n'agissant que sur les cas plus faibles ? Malheureusement, l'étude des très grosses tornades nécessitent une période de référence beaucoup plus longue que celle sur laquelle je peux m'appuyer.


Les trombes marines :
On les retrouve sur tous les littoraux et leur climatologie particulière (conditions d'apparition plus "banales") m'ont très vite obligé à les mettre à part. Si l'implication du taux d'ensoleillement est effectivement aussi déterminant que je peux le supposer, alors les régions méditerranéennes et dans une moindre mesure les littoraux atlantiques les plus ensoleillés doivent être les plus touchés par le phénomène.

Voilà. Sur le plan climatologique comme sur celui de la simple fréquence, je souhaite à présent que d'autres puissent prendre le relais pour commencer à vraiment approfondir. Je me permettrai juste de supposer qu'il faille effectuer cette étude non plus sur la France en tant qu'entité globale, mais aussi -et surtout- à l'échelle régionale.




B) Tornades et réchauffement climatique


Je terminerai avec cette question cruciale qui reste toujours sous-jacente dès qu'on aborde les phénomènes météorologiques violents.
Observe-t-on comme on l'entend souvent dire, une augmentattion significative du nombre de phénomènes violents au fil des années, et notamment des tornades ? Autant le dire tout de suite : pour ma part je n'ai rien remarqué de tel dans mes recherches et je serais tenté de répondre "non" à la question pour au moins 3 raisons :
- Des périodes de densité exceptionnelle ont été observées à toutes les époques même anciennes (comme à Paris à la fin du XIXème siècle). Ces périodes seraient probablement reliées à des retours cycliques de flux prédominants.
- Il ne faut pas négliger l'augmentation énorme de la médiatisation des évènements depuis la fin des années 90. Médiatisation classique par la télé ou les journaux, mais aussi et surtout l'apparition du net à la même époque, bientôt suivie par celle des appareils photo numériques et des téléphones portables (ceux qui peuvent photographier). A ceci s'ajoute également le récent développement de l'activité de chasseur d'orage en France, toujours depuis la même époque à peu près. L'un conditionnant d'ailleurs l'autre, puisque grâce au net les chasseurs et passionnés se connaissent davantage, et peuvent échanger voire coopérer lors des chasses. Tout ceci a évidemment contribué à multiplier les témoignages notamment pour les tubas et trombes faiibles, et on ne peut donc pas (encore) imputer l'augmentation des rapports aux seuls facteurs climatiques.
- Dans les différentes régions de France, les années les plus récentes n'ont pas vu d'augmentation sensible du nombre de cas. 2006 et 2007 seraient même des années plutôt calmes. En cela, mon étude sur les Charentes est bien révélatrice elle aussi : si plusieurs années à 3 voire 4 tornades par an se sont succédées depuis la fin des années 90, elles alternent avec des années plus calmes comme 2006 ou 2001 qui n'auront vu qu'une simple F0 chacune...
Pour l'instant, il me paraît donc impossible de déterminer avec certitude si le nombre total de cas a une tendance générale à augmenter ou non.

Mais attention, ceci ne veut ps dire forcément qu'ils n'augmentent pas et n'augmenteront jamais. En fait quand je parlais plus haut de répondre "non" à la fameuse question, j'aurais mieux fait de dire "non, peut-être pas encore". Car cette augmentation pourrait s'effectuer de manière progressive, avec des pics et des accalmies qui peuvent tromper à l'échelle des années ou des décennies, mais qui ne tromperont plus à des échelles temporelles plus importantes. Peut-être petit à petit de nouveaux facteurs liés au réchauffement climatique viendront-ils s'ajouter aux premiers facteurs déjà cités pour faire définitivement fléchir la courbe vers le haut... Nous verrons bien dans le futur si la multiplication des cas récemment observés dans certaines régions (Morbihan/Ïle & Vilaine en 2004-2005, Rhône-Alpes en 2006....) tend à se prolonger voire à contaminer d'autres régions.
Simplement our l'instant, je pense que nous n'avons pas encore assez de recul temporel pour nous en apercevoir. Et puis surtout concernant les tornades, comment pourrions-nous déduire une quelconque augmentation des cas si nous n'avons pas d'abord une vision réaliste du phénomène en France, ce qui est loin d'être le cas ?

Ici nous touchons du doigt la problématique générale dans laquelle tente de s’inscrire Kéraunos et les travaux de Stormchaseradventure, dans une perspective dont je vais maintenant vous parler, qui pourrait bien se révéler inquiétante à plus d'un titre.
Je m'explique : ce n’est pas un scoop que de dire que les problématiques liées au RC sont au centre de toutes les préoccupations et de tous les échanges entre organismes météorologiques. Météofrance a participé au récent Forum International de la Météo où on a débattu de questions autour du réchauffement et de ses conséquences.
Or j’ai remarqué à ce genre de rencontres ou de colloques l’absence criante des organismes recenseurs d’évènements violents. Pourquoi donc une telle absence ? Il semble vraiment que se soient créés deux circuits d’échanges et de recherches, l’un réunissant les organismes de météo générale (dont MF) et les différentes structures de veille sur le RC y compris politiques et institutionnelles, et l’autre beaucoup plus confidentiel qui tend à se créer à l’échelle européenne portant sur le recensement des évènements orageux violents et l’étude des orages, dont les représentants en France sont ou ont été Jean Dessens, l’Anelfa et maintenant Kéraunos. Le problème c'est que les deux circuits sont malheureusement complètement hermétiques l’un à l’autre, état de fait illogique et potentiellement dramatique quand on nous rebat les oreilles de la supposée augmentation des phénomènes climatiques dangereux induits par le RC.
Comme je le disais déjà plus haut, comment peut-on observer et déduire ces derniers dans notre beau pays alors qu’on n’a pratiquement aucun précédent de recherche sérieuse dans le domaine ? Il serait vraiment urgentissime de créer des passerelles entre ces deux circuits de recherche, avec une participation active des organismes de recensement aux différentes rencontres et actions autour du RC. Urgentissime car si le RC évolue à la vitesse prédite par les modèles du GIEC, ses conséquences risquent elles aussi d’évoluer à la même vitesse. Nous sommes confrontés à une véritable course contre la montre pour tenter de faire un état des lieux de l’existant aussi complet et fiable que possible, avant que la donne ne commence réellement à changer.

Sans ce travail préalable, il nous sera en effet impossible de constater l’augmentation réelle des tornades en France sans nous retrouver empêtrés aussitôt dans cette toile d’interrogations et de contradictions en rapport avec le passé, les méthodes d’investigations passées etc. Et si cette augmentation devient réelle, je crains qu’elle ne se fasse non seulement sur la fréquence mais aussi sur l’intensité et la nature des évènements, ce qui pourrait rendre rapidement la situation préoccupante.
Bien sûr avec tout ceci je ne fais que supposer, n’ayant pas les moyens de trancher véritablement sur la question. Mais je pense pouvoir affirmer qu’il en est de même pour tous les scientifiques qui se penchent sur le RC, le caractère aléatoire des prévisions n'étant pas la moindre des difficultés rencontrées par les spécialistes. Je parle donc ici au nom du principe de précaution, et lance un appel inquiet à tous les représentants des organismes officiels (et notamment de MF) qui pourraient lire ces lignes.

D'autre part il y a un autre problème que je sens venir gros comme un hangar à boeing, en lien direct avec la sous-information du public, ce déni et l'emploi du mot "minitornade" qui ont pour effet de maintenir la population dans l'ignorance du phénomène tel qu'on le rencontre aujourd'hui. A votre avis comment réagissent à présent les gens quand ils se trouvent confrontés brutalement au phénomène ? Réponse immédiate : "C'est du au réchauffement climatique !" Idée reçue amplifiée par les médias et tous les adeptes du catastrophisme non réfléchi, à tel point que je me demande si un jour cette tendance à la sous-information sur les tornades en France ne va pas brutalement s'inverser, les tornades risquant un jour de se retrouver hypermédiatisées à la seule fin de "prouver" l'augmentation des phénomènes due au RC... sans bien sûr que l'on n'aie la moindre notion de ce qu'a été cette réalité durant des siècles. En l'absence de toute argumentation nuancée, une telle médiatisation risquerait de provoquer une panique injustifiée, et pire, brouillerait encore davantage les pistes si un jour cette augmentation avait réellement lieu.



Deux remarques enfin pour terminer, avant de laisser cet inquiétant débat en suspens :
- L'été 2006 lors de notre rencontre SCA, Jean Dessens nous faisait part de son constat concernant les orages qu'il a l'occasion d'observer dans le Toulousain : il aurait observé depuis quelques années une modification de leur nature et de leur intensité, sans touefois faire de lien de causalité avec le réchauffement climatique.
- Les années cycloniques 2004 et 2005 ont été très intenses. Or ces deux mêmes années ont été également très "fournies" en tornades sur la France. Simple hasard, ou existerait-il un lien entre les deux faits sur le plan climatologique mondial ?


Dernière édition par Nico 17/69 le Dim 02 Mar 2008, 11:17, édité 35 fois
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MessageSujet: Re: Tornades en France   Dim 16 Déc 2007, 15:49

ANNEXES ET AVENANTS 1




Je rajouterai ici toutes les annexes et nouveaux travaux-réactualisations postérieurs à fin 2007, par moi-même ou émanant d'autres auteurs, dans la mesure où ils apportent un "plus" ou une rectification importants.
Pour commencer voici quelques cartes qu'on m'a suggéré de faire (carte des cas par picto depuis 1999 ci-dessous, cartes régionales). Viendront ensuite, j'espère, des cartes par intensité, carte par répartition saisonnière et autres paramètres qui permettront d'approfondir l'étude climatologique.







Voici la nouvelle carte-picto depuis 1999 (récapitulatif de toutes mes cartes annuelles). Opérationnelle pour la suite, son intérêt repose sur la quasi exhaustivité pour les cas significatifs (T1 et +) et donc une vision plus juste de la réalité, évitant l'écueil des lacunes du recensement et inégalités entre régions. Sa version actualisée figure dans les pages Synthèse climatique de Kéraunos http://www.keraunos.org/synthese-tornade-grele-pluie-orage-vent.htm .


Carte 1 : Carte des cas validés et fortement probables enregistrés depuis 1999 (actualisée au 31 décembre 2007)
ça fait quand même pas mal, depuis 1999... Shocked





Carte 2 : Carte régionale de la zone charentaise (actualisée au 31 décembre 2007)
Première carte régionale produite, destinée à compenser le manque de place constaté sur les cartes nationales pour certaines régions :



Emmanuel Weselek de Kéraunos s'apprête à produire une carte identique pour le NPDC, où devraient d'ailleurs figurer des cas encore inédits survenus durant l'épisode de 67.
A noter également que pour les villes-zones de concentration extrême (La Rochelle, région lilloise...), je prévois d'inclure dans les cartes des zooms-plans miniature des villes, où chaque cas serait situé précisément.



Voici à présent une carte établie par Chris68 à l'occasion d'un examen de cartographie. Il s'agit d'une sorte de "double" de ma propre carte par dpt 2001-2007, à cette différence près que les degrés de l'échelle sont plus larges ce qui induit un découpage à l'échelle régionale et non plus départementale, et donc un angle d'approche différent plus globalisateur : en gros les 3 grandes zones s'y retrouvent (Centre Ouest, NPDC et Languedoc), mais d'autres couloirs semblent s'y dessiner (Cher-Loir et Cher-Sarthe, Bourgogne...).
[A signaler au passage le 14/20 obtenu par Chris à son examen grâce à cette carte : bravo Wink ]

Blanc : pas de cas
Rosé clair : 1 cas
Rouge : 2 à 3 cas
Brun : 4 à 8 cas



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MessageSujet: reponse   Lun 17 Déc 2007, 00:44

que dire ? Excellent travail nico ,franchement la voila un travail qui fait plaisir à voir !!

grace a tout ça ,je pense que le forum en sera d'avantage plus instuctifs ,aussi je pense que nous mettrons sur le site web tout le travail apporté par nico depuis ces années ,de recheches , car le recensensement des cas de tornades ,et l'etudes de l'environnement ,ensuite plus la creation cartographique ,des cas de tornades ,demande beaucoup de temps et de patience ,et de perseverance !!

je salut encore une fois tout le gros gros travail de nico17/69 sur ce sujet la .

pour ma part des que j'aurai un petit peu de temps devant moi je me consacrerai aussi a l'etudes des tornades en france et surtout le l'etude de l'environnement ,enfin les deux vont avec .

voila a tres bientôt

et encore bon travail nico17/69.

amicalement

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MessageSujet: Re: Tornades en France   Lun 17 Déc 2007, 12:15

Merci Michel pour tes compliments ça fait plaisir, mais j'insiste beuacoup là-dessus : le véritable travail reste encore à faire. Comme tu le dis toi-même, peut-être à ce moment les purs et durs de SCA pourraient-ils amorcer cette véritable étude à venir. Sam49 avait commencé à le faire pour les Charentes, et Emmanuel Weselek aimerait évidemment le faire pour le NPDC (j'attends ça avec impatience manu si tu nous lis !! What a Face ). C'est peut-être là aussi qu'une association entre SCA et Kéraunos pourrait se révéler utile... ?

Pff quand je pense à ce qui se passe chez MF, j'ai l'impression de nager à contre-courant mais bon...

Ps : j'ai changé ma carte de fréquence plus haut pour la rendre plus précise, en développant mon texte. D'ici la fin de l'année et la clôture du dossier, je compte développer davantage la partie consacrée au réchauffement climatique, quitte à en faire un chapitre à part entière. Et au dernier moment, j'actualiserai toutes les cartes de ce dossier.


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MessageSujet: reponse   Lun 17 Déc 2007, 13:53

l'etude du climat



bonjour Nico ,en effet le le changerment climatique sera un sujet tres interessant à etudier ,je pense pour nous tous !!

à mon sens l'etude des tornades ,et autres phénomènes orageux ,nous poussent dans un certain sens à etudier aussi le climat en même temps .

le changement climatique ,aura pour sur des consequances sur la freqences des tornades mais ça seule nos futures cartes de recensements nous le dirons .

mais pour le moment nous travaillons sur les le recensement des tornades actuelles ,et les anciennes ,et nous avons fort bien progresser !!

pour ce qui est le la collaboration entre keraunos et sca sera tres utile a mon sens ,j'ai maintenant ,la certitude que nous pourrons ,plus faire vraiment cavalier seul ,pour evoluer dans nos recherches et nos etudes .
c'est pourquoi le projet de collaboration reste extrement important à mes yeux .


cordialement

stormy-91

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MessageSujet: Re: Tornades en France   Mer 19 Déc 2007, 13:32

J'ai développé ma conclusion sur le RC (texte en bleu et en gras). Je vous invite à le lire car beaucoup d'aspects de la question m'inquiète et je vide mon sac à la fois sur le plan climatologique et sur la façon dont on y réagit en France.
Qu'en pensez-vous ?

Sinon, vu la situation actuelle avec notre anti puissant, je crois que je vais commencer à réactualiser mes cartes dès aujourd'hui ou les jours prochains, comme ça ce sera fait. Si d'aventure on a d'autres cas d'ici la fin de l'année, ben tant pis pour moi, je les re-réactualiserai début janvier. Mais parti comme c'est, ça m'étonnerait. Wink
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MessageSujet: Re: Tornades en France   Mar 01 Jan 2008, 18:18

ça y est, cette fois-ci le dossier est clôturé. Je pourrai revenir en cas de découverte ou évènement majeurs, mais les cartes, statistiques et informations contenues dans le dossier restent désormais actualisées au 31 décembre 2007.

Pour retrouver ces cartes et ces stats mis à jour, c'est par ici : http://www.keraunos.org/synthese-tornade-grele-pluie-orage-vent.htm
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MessageSujet: Re: Tornades en France   Sam 17 Mai 2008, 22:54

super ce bilan et bravo tout toute ces recherches.
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MessageSujet: Re: Tornades en France   Jeu 08 Jan 2009, 16:04

J'ai deux souvenirs anciens et je me demande s'il s'agit de tornades. Peut-être quelque lecteur ici a-t-il des souvenirs analogues?

Le premier concerne, je crois l'année 1967, dans la banlieue parisienne. C'est probablement l'orage le plus violent que j'aie jamais vu, au mileu ou à la fin du printemps (mai ou juin). En quelques minutes, un coup de vent phénoménal a arraché des toitures (y-compris la toiture métallique d'un immeuble de ma résidence). J'ai vu aussi des lignes électriques fondre dans une lumière verte (luminescence du cuivre?) soit que la foudre soit tombée dessus, soit que le vent ait réussi à provoquer le contact entre fils (aériens à l'époque). S'agissait-il d'un "front de rafales" ou d'une tornade? En tous cas, il doit être facile de retrouver dans des archives de presse l'événement en question.

Mon deuxième souvenir est plus ancien, j'étais encore enfant et je ne peux qu'évaluer son époque à une ou deux années près autour de juillet (ou août?) 1962 : j'étais avec ma famille au col des Aravis dans les Alpes. Un fort coup de vent s'est manifesté déjà en montagne et quand nous sommes redescendus en direction d'Annecy, j'ai vu pour la première fois de ma vie des arbres déracinés et des toitures arrachées par le vent.

Pour le premier événement je ne crois pas me tromper sur le millésime. Pour le second (et le plus ancien) cela se perd dans mes souvenirs d'enfance. Toutefois il me semble crédible que ce que j'ai vu ait été relaté dans la presse locale et qu'une enquête minutieuse puisse en retrouver la trace et identifier la nature du phénomène.

Ce qui m'a frappé lors des tempêtes de décembre 1999, c'est le caractère géographiquement très étendu des dégâts alors que leur nature (toitures arrachées, arbres cassés ou déracinés) était comparable à ce que j'ai vu dans mon adlolescence ou mon enfance, dans les deux événments que j'ai rapportés ci dessus. Toutefois, c'est le caractère localisé de ces événements qui me fait penser aujourd'hui (avec la culture acquise avec la maturité) plutôt à des tornades.

Pour les curieux de ces phénomènes naturels, il me semble crédible qu'il y ait aujourd'hui encore des témoins vivants de ce qui s'est vraiment passé.

Cordialement à tous et bravo pour votre site.
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MessageSujet: Re: Tornades en France   Jeu 08 Jan 2009, 17:47

Tout d'abord bienvenue sur ce forum. Wink

Pour les deux cas décrits, difficile bien sûr de se prononcer avec les seuls éléments dont on dispose, mais pour le premier souvenir une notion est importante : la durée. Tu parles de "quelques minutes" : s'agit-il vraiment de 1 à 2 minutes par ex, ou alors plutôt 10 minutes ou 5 à 10 minutes ? Sachant qu'en pareille situation on a tendance à trouver le temps long. Sur ce seul critère, on peut déjà commencer à faire le tri même en cas de dégâts extrêmement localisés. Dans le premier cas, on s'oriente de préférence vers la tornade, dans le second plutôt vers la microrafale.

Ce qui nous serait utile, c'est de récupérer les articles de journaux de l'époque. ça commence à faire ancien pour contacter les témoins mais qui sait.
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